Notre projet ? Notre couple !


Ni paternaliste, ni style « recettes de grand-mère », il essaie simplement de vous ouvrir les yeux sur tous ces aspects qui font qu’il est parfois bien difficile de vivre à deux et qui prouvent que rien n’est acquis d’emblée par la seule force de l’amour

INTRODUCTION

« Pourquoi voulez-vous vous marier ? » « Mais parce qu’on s’aime ! »

« Notre projet ? ...Notre couple » est un guide destiné à vous aider à préparer le voyage que vous allez entreprendre à deux.

Quoi de plus facile à aimer que son rêve ?
Quoi de plus difficile à aimer que la réalité ?
Quoi de plus facile que de vouloir posséder ?
Quoi de plus difficile que de savoir accepter ?
Quoi de plus facile que la passion ?
Quoi de plus difficile que le couple ?
Etre amoureux est à la portée de n’importe qui. … Aimer, non !
(A. Comte-Sponville, <Petit traité des grandes vertus>, PUF, 1995, p.339)


I. TOI ET MOI... NOTRE RI­CHESSE !



Toi et moi... trois mots chargés de tendresse et de complicité. Mais aussi trois mots qui cachent trois entités : toi, moi, toi et moi... notre couple. Chacune de ces entités est profondément différente des deux autres. Sommes-nous certains de bien les connaître, sommes-nous sûrs de pouvoir nous cerner individuellement, avec nos différences ?Lorsqu’on parle de la décision amoureuse il convient de parler NON PAS en termes d’unité du couple, mais d’union de partenaires.
Union comporte un élément d’unité auquel vous tenez, mais ajoute aussi une connota­tion de différence et d’altérité.

Au commencement était... la dif­fé­rence

Je ne suis pas toi et tu n’es pas moi. Source de richesse, cette irréductible non identité est lieu de conflits et de souffrances. Nous som­mes, toi et moi, uni­ques au monde, revêtus de nos quali­tés, de nos défauts, de nos parti­cula­rités, de nos tempéra­ments, vifs ou lents, réser­vés ou expansifs... Il est parfois bien difficile de les faire coexister en harmonie. Toi et moi som­mes égale­ment tribu­taires de nos origi­nes respec­tives et de notre passé qui nous ont profondé­ment mar­qués : famille aisée ou pau­vre, aîné ou cadet d’une famille nom­breuse, enfant uni­que, fa­mille où l’on témoi­gne facile­ment de l’af­fection que l’on se porte, famil­le où tout n’est que réserve ... Nous sommes tri­bu­tai­res aussi de nos différen­ces in­tel­lec­tuel­les, pro­fes­sionnel­les... Qu’il est dur parfois de devoir s’habituer l’un à l’au­tre et d’ac­cep­ter qu’on ne sort pas du même moule.

L’altérité

Dans un admirable poème, « So­dome et Go­morrhe », Pierre Emma­nuel évoque le sexe comme une plaie vive au cœur de l’homme, l’amenant à prendre conscience de son in­complé­tude. L’homme décou­vre, dans sa chair, qu’il ne peut s’enclore sur lui-même; son désir l’en­traîne vers un autre qui sera sa joie. Mon cher amour, mon tendre amour, ma déchirure, chante Aragon. Une fail­le est ouver­te, en l’homme et en la femme; et les voilà entraî­nés, au plus profond de leur être, dans la quête de l’autre , qui seule peut con­duire vers la pléni­tude et le bon­heur. En d’au­tres ter­mes, au niveau même de leur con­sti­tution orga­ni­que, l’homme et la femme sont appe­lés à décou­vrir que seule l’ou­ver­ture vers autrui peut les orienter vers leur pro­pre accom­plisse­ment.

La différence et l’alté­rité sont ins­crites dans le corps : l’é­tran­geté d’un sexe pour l’au­tre sexe signifie déjà que l’être humain n’est « pour lui-même » qu’en étant aussi « pour autrui », dans une dif­férence recon­nue et ja­mais ré­dui­te.

Dans le mariage, écri­vait Ber­nard Shaw, il faut parvenir à ne plus faire qu’un; le pro­blème c’est de sa­voir le­quel des deux ! Cette boutade de l’hu­moriste irlan­dais mani­feste la dif­ficulté de vivre cette tension heureuse inter—sexuelle, rendant impos­sible la clôture sur soi, le refus de l’autre comme autre. La tenta­tion est grande, en ef­fet, de ré­duire la diffé­ren­ce, de la récuser; et l’on cède à cette tenta­tion soit en fai­sant de l’autre un ob­jet, une « autre cho­se » (un sexe) et non plus « un autre », soit en parlant d’une complémentarité des sexes, qui n’est souvent que l’affir­mation camouflée d’un escla­vage ou pour le moins d’une utilisa­tion d’un sexe par l’autre.

A cet égard, l’Occi­dent, en réduisant la femme au rôle de mère ou de vier­ge, et en sacralisant cette image de la fem­me, a favori­sé, bien plus forte­ment qu’on ne l’ima­gine généra­lement, l’ou­bli de l’appel à la dif­fé­rence et à l’altérité inscrit dans la condi­tion sexu­elle de l’homme et de la fem­me. » 1

De ce qui précède nous pou­vons tirer deux con­clusions :

Dès maintenant les amou­reux peu­vent adop­ter des attitudes d’union dans la liberté :

Ils posent ainsi les ja­lons de leur rela­tion future, qui leur laissera des zones de liberté et d’épa­nouisse­ment person­nel chaque fois qu’ils en ont besoin.

Nos atten­tes...

Différents, d’origine différen­te, nous nous rencon­trons. Notre amour naît et nous avons le senti­ment qu’il est l’al­pha et l’oméga de notre vie à venir, qu’il suffit à la rem­plir. En som­mes nous cer­tains ? Notre amour est il to­tale­ment gratuit et désinté­ressé ? N’y a-t-il pas une petite voix au fond de chacun de nous, qui nous souf­fle que l’autre n’est qu’une ré­ponse à nos at­tentes les plus profon­des ?
Qu’es­pè­res-tu que je t’ap­por­te, et moi en quoi suis­-je en attente de toi ?
Quelles sont les qualités que j’es­père réelle­ment trouver en toi, et de ton côté, qu’at­tends-tu de moi ? Quelle im­por­tance accor­des-tu à cha­cune de mes qualités ? N’ai-je pas tendance à exa­gérer l’im­por­tance, à mes yeux, des qualités « réflé­chies » que je pré­tends trouver en toi par rapport aux qualités « viscé­rales » que j’ai besoin de trou­ver ?
Parfois se développe un be­soin ima­gi­naire d’idéa­liser le partenaire, un peu dans la ligne, pour l’hom­me, de ce que fut sa mère, pour la femme, de ce que fut son père.
Apprendre à nous connaître chacun indivi­duelle­ment et l’un l’autre, c’est ap­pren­dre à assu­mer nos dif­férences et à donner à celles-ci la place qui leur re­vient : le lieu de notre ri­ches­se.

Nous ren­contrer... réelle­ment

Un bonjour, un baiser, une attention... et le miracle de l’amour se perpétue. Tu me parles de ta journée, de tes ré­ussites, petites et gran­des, de tes soucis. Je te parle de ma vie, de ce que je suis, de mes projets. Nous nous livrons, jour après jour, un peu plus l’un à l’autre en nous révélant mutuelle­ment ce que nous n’avions ja­mais dit à per­sonne.
Tout cela fait que je me sens ai­mé(e) et reconnu(e) . J’ai de la valeur à tes yeux. Par la même occa­sion je me sens capa­ble d’ai­mer, de me donner et de don­ner encore et enco­re...
Le temps passé ensemble nous paraît si court. Nous vou­drions ralentir sa course, voire la prolonger indé­fi­niment. Quels mo­ments mer­veilleux que ceux au cours des­quels nous nous appor­tons l’un à l’autre tout ce que nous attendons de cette rencontre ! Il n’y a aucun décalage entre nos attentes et ce que nous rece­vons l’un de l’autre. Cette relation « par­faite » nous ne pourrions la vivre avec per­sonne d’au­tre. A part toi, qui pourrait être au­tant mon com­pli­ce ?
Mais par­fois...je te blesse, tu heurtes ma fierté. J’ai l’im­pres­sion, et tu l’as sans doute aussi, que nous ne nous connais­sons plus, que je ne te reconnais plus. N’est-ce pas parce que nous cher­chons à décou­vrir l’au­tre tel que nous l’espérons et non pas tel qu’il est réel­le­ment ? N’est-ce pas là, enfin, que nous redécou­vrons nos irré­ductibles diffé­rences et que la question qui nous est posée est de savoir si nous les avons bien ac­cep­tées et compri­ses et si nous voulons réelle­ment appren­dre à les gé­rer ?
Il est ainsi des circonstances dans les­quelles je me sens moins bien en ta compagnie.
Quand ? Comment ? Pourquoi ?
Nous nous affrontons parfois de ma­nière tellement violente que je me sens écra­sé­(e) au lieu d’être épanoui(e), valo­risé(e). J’ai l’im­pres­sion que tu ne me comprends plus, ne m’écoutes plus, ne me recon­nais plus.
Comment réagir face à ces situations et comment éviter qu’elles se représen­tent ?
Etre quelqu’un et réa­liser que notre richesse prend sa source dans nos dif­fé­rences.
Qu’il serait triste que tu sois ma co­pie con­for­me ! Puis-je dia­loguer avec un reflet dans un miroir ? Si cela m’arri­ve, ce n’est jamais qu’un monolo­gue qui ne fait que me ren­voyer à mes propres limites. Je ne puis par­tager réel­le­ment avec mon reflet, il m’est donc impossi­ble de vraiment l’ai­mer. La source et la possi­bilité de notre amour réside dans nos différences, dans cette chance que nous avons de ne pas être identiques.

Accepter un nécessaire che­mine­ment.

Un chemin jonché de roses...
C’est la période de l’ idéalisa­tion. Si on devait la résumer en une phrase, ce serait : « Dieu que l’herbe y est ver­te ». L’autre est revêtu de toutes les quali­tés, et même ses défauts n’appa­raissent à nos yeux que comme mar­que distinc­tive de sa particularité sans revêtir une conno­tation négative. Tout n’y est que beauté et perfection comme si on dé­cou­vrait un nouveau mon­de. Si on s’attache un ins­tant à analy­ser ce mo­ment, on se rend com­pte que ce qui y est vécu c’est le désir intense d’une fusion parfaite com­pa­rable à celle qui existait dans le sein maternel.

Mais il y a des épines aux ro­ses...
Phase de désillusion, le nou­veau monde est aussi parsemé de cactus ! On se décou­vre l’un et l’autre nettement moins parfait que ce que l’on pensait. On se découvre avec des qualités mais aussi des défauts.

...et heureusement aussi des roses aux épines...
S’adapter et construire. C’est la pé­riode d’ajus­tement pen­dant laquelle on apprend à gérer l’imperfection née des diffé­ren­ces, des défauts et des fai­bles­ses, pen­dant laquelle on ap­prend à accep­ter l’autre tel qu’il est et non pas tel qu’on vou­drait qu’il soit, ou tel qu’on l’a rêvé.
Le couple cherche alors sa « vraie » voie, cou­ra­geuse­ment, en affron­tant et en intégrant les sour­ces de con­flits qui étaient présentes avant : les dif­féren­ces et l’al­térité.
Si le couple parvient à fran­chir cette étape il débouchera sur l’a­mour vérita­ble fait du parta­ge autant des peines que des joies, sur l’amour soli­de, sur l’amour mûr.



II. LE COUPLE ET SA RELA­TION.

Le dialogue

« Nos dialogues sont sou­vent des échanges de ma­lenten­dus. Nous som­mes si peu capables de percevoir comment nos paroles et nos actes sont reçus... » 2
Le dialogue, ou comment passer du « en face » au « avec ».
Dialoguer ce n’est pas capituler ni pousser l’autre à capitu­ler; le dialogue est un entrecroise­ment, une confrontation, une contesta­tion entendue et accueil­lie.
C’est une meilleure approche com­mune de la réalité du couple; il per­met de passer de l’ »être rêvé » à l’ »être réel ».
Pour être vraiment fécond et effica­ce, le dialogue a besoin de la bien voyance réciproque qui permet de voir par delà les apparences. Il est la preuve et le garant de beaucoup d’amour et de confiance récipro­que.

a. Trois voix en moi
La psychologie moderne a trou­vé une façon intéres­san­te et très effica­ce d’ex­plorer en pro­fon­deur la personne humai­ne. Et cela sans faire appel à des mots savants comme le surmoi, le com­plexe, le refoule­ment...
Elle nous invite à être atten­tifs à trois voix en nous : l’En­fant, le Parent et l’Adulte. Un vrai con­seil de famil­le !
La méthode est intéressante, parfois même amusante, et elle permet de mieux se com­pren­dre l’un l’au­tre.

Le parent
Le Parent en moi c’est le sou­venir et comme l’écho des cen­taines de phrases que mes pa­rents, et d’au­tres adultes, m’ont dites quand j’étais en­fant.
Le Parent nourricier mul­ti­pliait les paro­les d’encou­ra­gement, d’af­fec­tion, de louan­ge. Ces apprécia­tions ont con­tri­bué à me donner con­fiance en moi et dans les autres.
C’est de la même ma­nière que j’adresse des paro­les d’es­time à mon entourage ... et à moi-mê­me.
Le Parent critique m’a parfois ser­vi des paro­les de mise en gar­de, des re­proches, des con­seils en tout genre. Ces peti­tes phrases ont par­fois été oubliées mais elles demeu­rent en moi comme une source de juge­ments néga­tifs sur moi et sur les autres. C’est alors le Parent criti­que qui fait surface et qui dis­tribue les reproches aux au­tres... et à moi-mê­me.

L’Enfant
L’Enfant en moi, ce sont les forces exubé­rantes ou non ­con­trôlées qui mon­tent tout à coup, comme au temps de ma petite enfance.
L’Enfant libre, qui a le goût de dan­ser, chanter, faire des fo­lies... Quand on aime c’est beau­coup l’enfant libre qui s’ex­pri­me.
L’Enfant triste ou bou­deur s’ex­prime quand on me fait des repro­ches ou que je me sens aban­don­né.
Le petit enfant a dû éga­lement s’a­dap­ter aux con­traintes de la vie socia­le, tant pour faire plai­sir à ses parents que pour éviter les puni­tions. Il a pu ainsi de­ve­nir :
l’Enfant soumis qui ac­cepte molle­ment ce qu’on attend de lui ou l’En­fant rebelle qui refuse sys­té­mati­que­ment or­dres et con­seils.
L
es diverses facettes trou­ve­ront à s’­expri­mer selon les cir­constances et l’hu­meur du mo­ment.

L’adulte
La troisième dimension de ma per­son­na­li­té, c’est la voix de l’adu­lte en moi : voix de la rai­son, du bon sens, du pos­sible.
Il recueille les faits, les clas­sifie puis donne des ré­pon­ses adap­tées et or­ga­nise l’ac­tion.

b. Etre Autonome
C’est être vraiment soi-­même. Pour nous réali­ser pleinement tels que nous som­mes, pour être réelle­ment autono­mes, nous avons à équilibrer deux attitu­des fondamen­tales :
- nous accepter tels que la vie nous a façon­nés dans notre milieu social et notre am­biance fami­liale, accepter ré­elle­m­ent notre corps et les limites in­fran­chis­sables que nous con­sta­tons dans notre vie;
- mais, en même temps, tra­vail­ler à chan­ger des choses dans notre vie, savoir choisir parmi les messa­ges et les atti­tu­des qui s’ex­priment sponta­né­ment les­quels nous font vivre en vérité.
Ce n’est donc pas envoyer « pro­mener » le Parent et faire taire l’Enfant, mais plutôt faire un tri en­tre ce que l’un et l’autre nous sug­gè­rent. Etre autono­me, c’est tout au­tant retenir une pa­role de sa­gesse du Parent, quand on la juge valable pour soi, que de repous­ser un message décou­ra­geant. C’est tout au­tant libérer la joie bruyante de l’Enfant quand l’at­mos­phère est à la fê­te, qu’étouffer une colère capri­ci­euse.
Beaucoup de ces choix ne sont pas faci­les à faire. Mais c’est déjà bien de pren­dre con­science des origines de nos atti­tudes. Et nous pouvons tout de suite poser des gestes de libéra­tion.
Ces gestes permettront de nous dé­voiler tels que nous sommes réelle­ment et de fon­der une com­munica­tion véri­table, dans laquelle il y a une dé­marche vers l’au­tre.
Où qu’il ait grandi, l’enfant par­venu à maturité a, comme inscrit en lui-même, un modèle familial; consciemment ou non, il a sa vision d’un père, d’une mère, d’un époux, d’une épou­se, d’un foyer et d’une vie familia­le.
Une personne devient auto­nome en fai­sant un tri parmi les mes­sa­ges reçus dans sa pre­mière enfan­ce, en retenant ceux qui la font vivre et en écartant ceux qui para­lysent son épanouisse­ment. Il en est de même pour le cou­ple. Co­pier servilement le mo­dèle fami­lial n’est pas signe de maturité et de li­berté; le reje­ter en bloc non plus.
Un homme et une femme qui font le pro­jet de vivre ensem­ble pour la vie font bien de réviser leur mo­dèle familial, d’en ex­plorer les riches­ses comme d’en relever
les défi­ciences. C’est ainsi qu’ils peu­vent inventer un projet qui soit vrai­ment le leur.

c. Le secret d’une bonne com­mu­nica­tion
On n’est pas intime à tous les mo­ments et tou­jours de la même façon. Il existe mille bonnes ma­nières d’entrer en com­munica­tion et c’est peu à peu que deux per­son­nes dé­cou­vriront leur meil­leure fa­çon de se relier l’une à l’au­tre.
Au concret, cela se réa­lise dans les mille pe­tits gestes quotidiens, les atten­tions dé­li­cates, le sup­port dans les mo­ments dif­ficiles.
Sans chercher à établir des « lois » d’une bonne commu­nica­tion, on peut évaluer quelques unes de ces at­ti­tudes.

L’écoute
Les mots ne sont qu’une des di­men­sions de la com­muni­ca­tion : les in­tona­tions de la voix, les gestes, les omis­sions mê­me, révèlent plus pro­fon­dé­ment la per­son­ne. Une bonne écoute suppose que l’on soit atten­tif à toutes ces formes du lan­gage, pour mieux accueil­lir l’au­tre et répondre à ses atten­tes.

L’expression de soi
La communication est un mou­ve­ment à dou­ble sens. Elle n’est parfaite que lorsque les deux interlo­cuteurs ont fait une démar­che l’un vers l’au­tre.
Beaucoup de personnes ont appris à ca­cher leurs vrais senti­ments; elles hé­si­tent à confier leurs joies profondes, leurs pei­nes ou leurs peurs. Elles es­saient de montrer une « face parfaite » de­vant l’autre. Un amour intense donne le goût de ra­conter des choses vraies sur soi, au risque de décevoir l’autre dans ses at­ten­tes.

L’acceptation
La vraie communication consiste donc à se révé­ler l’un à l’autre tel qu’on est, pour ensuite s’ac­cepter mu­tuelle­ment.
Cette acceptation ne va pas de soi et il n’est pas rare qu’on soit déçu du com­por­tement de son ami ou de son amie. C’est alors que la com­munication risque de se brouil­ler.

d. Un langage de l’être humain tout en­tier
Dans la vie d’un couple il y a un lan­gage privi­légié, unique, réser­vé, inti­me..., un langage qui traduit la confi­ance to­tale de l’un en l’au­tre, un lan­gage qui est un dia­logue au-delà du ver­bal, du symbo­le, qui est expres­sion de la per­sonne tout entiè­re dans une commu­nica­tion intime et vraie; un lan­gage qui est « le vécu » d’un don total : c’est le lan­gage des corps.
La personne humaine ne se définit pas comme ayant un corps (comme on a une voi­ture ou une maison), mais comme « ê­tre corps ». Cela ne signi­fie pas seu­lement un ensemble de cellules organi­ques mais cela veut dire être pré­sent au monde d’une cer­taine manière. Mon corps est une sorte d’é­chang­eur : par lui l’amour et la soli­darité s’in­car­nent; par le corps les cho­ses maté­ri­el­les (l’a­limenta­tion, la sexuali­té, ...) entrent dans le réseau des rela­tions hu­maines.

Comment apprendre le lan­gage des corps ?
Apprendre à lire les mes­sages de l’au­tre
Entre deux personnes qui s’ai­ment, les paro­les et les gestes ne sont pas tou­jours clairs et ont parfois plus d’une signi­fica­tion. Discer­ner le message transmis par l’autre demande beaucoup de finesse et d’intuition. Car il ar­rive que le message soit mal reçu, qu’il par­vienne tout brouil­lé, comme une émis­sion de radio par temps d’ora­ge.
C’est progressivement, à tra­vers un long appren­tissage, que des amoureux ap­prennent à se com­pren­dre spontané­ment, à se saisir un peu mieux, à in­terpré­ter les nom­breux signes qu’ils se trans­met­tent dans leur vie de tous les jours.
Pourquoi l’être aimé a-t-il chan­gé bru­s­que­ment de pos­ture ? Mouve­ment d’im­patien­ce ? Senti­ment d’en­nui ? Désir d’atti­rer l’atten­tion ? Simple be­soin de bouger ? Que révèle telle mimique : l’ac­cueil, le désir, l’ennui, la sa­tis­faction, le dépit? Quelle intention ou quel désir a été ex­primé quand l’autre a choisi tel vê­te­ment : habit de sport ou de travail, toi­lette de sortie, désha­billé ?
Exem­ples :
La carte est plus impor­tante que l’en­ve­loppe. Ce qui est écrit est plus im­por­tant que la carte... Ce que signi­fie le texte est plus im­portant que les mots em­ployés...
Le cadeau qu’on offre est impor­tant... Mais ce que ce geste révèle ou signi­fie est plus impor­tant encore.

Se fabri­quer un lan­gage com­mun
Il en est des amoureux comme des grou­pes ou des peuples qui appren­nent à communi­quer entre eux. Ils en vien­nent à se con­sti­tuer une ban­que de si­gnes, à se fabriquer une « lan­gue » commune qu’ils com­prennent assez sponta­nément et qu’ils sont parfois les seuls à con­naître ! Un tel lan­gage ne se cons­truit pas sans efforts et sans erreurs.
Que signifie cette moue subite sur le visage de l’autre ? Pourquoi ce chan­ge­ment sou­dain de position ? Après des mois et des années d’échange et de dia­logue, on en ar­rive à se com­pren­dre plus rapide­ment et plus sûre­ment. On se constitue un éventail de signes fami­liers qu’on comprend tout de suite.
Il s’agit d’un langage qui n’est jamais établi une fois pour tou­tes, qui se fait et se recrée sans cesse au fil des jours et des années.

Le toucher : un langage déli­cat
C’est le premier langage « compris » par le nouveau-né. C’est souvent le der­nier que peut sai­sir le grand malade. La caresse de la mère ou le geste de ré­con­fort de la main amie peu­vent être plus signi­fica­tifs que toute paro­le.
Entre l’homme et la femme qui s’ai­ment, le toucher demeure un langage privi­lé­gié pour exprimer l’a­mour, surtout dans les mo­ments d’intimi­té. Là aussi, il s’agit d’un lan­gage qui s’ap­prend. En s’in­for­mant, par exem­ple, auprès de l’au­tre si tel geste ou telle caresse lui plaît vrai­ment, on découvre mieux la sensi­bilité qui est sien­ne.

La confiance

Le jour de votre mariage vous al­lez vous « donner votre foi de mariage ». Mais que veut dire au juste ce mot « foi » ? Il nous vient du latin « fides » et la racine de ce mot a donné en français : se fier à, se confier à, fiable, confian­ce... Il signifie donc cet abandon total à l’autre, sans demander des comp­tes ou des explications; puisque tu m’aimes, puis­que je t’aime !
L’intimité avec une per­sonne est cet instant de rencontre vraie qui permet d’entrer chez elle et de se sentir accueilli par elle, sans masque, sans défense. C’est la con­fiance totale en l’au­tre dans la certitude qu’on est aimé.

L’amour : une démarche de la per­son­ne entière
Dans les débuts de l’a­mour l’atti­rance physi­que joue la pre­mière : si le spec­tacle que m’of­fre l’autre n’était pas atti­rant, ne me plai­sait pas, je ne m’appro­cherais même pas de lui ou je ne cher­che­rais pas à le revoir. Cette at­tirance pre­mière se situe au niveau des « ato­mes crochus ». Elle peut se trans­former en désir phy­sique ou se ni­cher déjà au cœur d’un attrait senti­men­tal. C’est celui-ci qui me fait dire : « je t’aime ». Ces trois mots en­gen­drent un type uni­que de rela­tion.
Je me suis en­gagé à moi­tié enivré par la béatitude senti­men­ta­le, mais aussi avec ma cons­cience et ma vo­lonté. La relation va con­ti­nuer, s’appro­fondir et progressivement les autres dimen­sions de l’enga­ge­ment vont apparaître. Certains jours l’at­trait physi­que sera ténu ou l’en­tente senti­mentale ab­sente.
L’amour ce­pendant sub­sis­te­ra, car à son tour la volonté le main-tiendra.

Chaque matin re-choisir l’au­tre
Notre engagement n’est pas stati­que et défini­tif une fois posé.
Lors­que « je » m’en­gage, le je n’est pas un être défi­ni­tif. Mon « je t’ai­me » et ta ré­ponse me transfor­ment et c’est ce Moi plus vrai qui s’en­ga­gera de­main, et un Moi plus pro­fond après-demain .­.. et ainsi de suite.
Ainsi l’amour, comme la vie, est il pas le même deux jours de sui­te et le choix n’est en consé­quence pas posé une fois pour tou­tes. Chaque ma­tin j’ai à re-­choisir l’autre. Cha­que jour il y a mati­ère à un nouveau « je t’ai­me ». Ce­lui-ci ne se situera sans doute pas dans le même regis­tre que le pre­mier; peut-être sera-t-il moins en­thou­sias­te; mais il revêt une impor­tance au moins éga­le.

Qu’est-ce que la fidélité ?
L’amour, la relation de couple, con­siste en un engagement total de cha­cun par rapport à l’au­tre. Dire « je t’aime » re­vient à dire non pas : « je me sens attiré par toi », mais bien « je parie ma vie sur toi », « je veux faire ma vie avec toi ».
Aimer l’autre, c’est se don­ner à lui, se laisser prendre par lui et sur­tout se rece­voir de lui en tota­lité. C’est la raison pour la­quelle il n’y a d’amour vrai et adulte que s’il est par­tagé. Nous aimer c’est nous sentir assez d’atouts pour déci­der de faire de no­tre vie une oeuvre com­mune.
L’engagement d’amour se veut total; dès le dé­part il est total en intention. Mais pour le devenir en fait, il faut du temps, de la durée vé­cue ensem­ble, parce que je ne puis me don­ner tout en­tier en un ins­tant et parce que mon enga­ge­ment porte aussi sur ce que je serai demain, sur ce que l’amour d’au­jourd’hui aura fait de moi.
L’a­mour véritable et adulte sup­pose donc la durée. Pour qu’il dure il faut lui faire confian­ce. Rien dans la vie ne peut croître au milieu de la mé­fiance et de la suspi­cion.

Faire confi­ance à l’autre, c’est s’en remettre à lui, s’ap­puyer sur lui parce que l’on croit en lui. Croire fait croî­tre. Notre amour sera menacé dans sa durée. La perte de nos il­lusions, la dé­cou­verte de l’au­tre tel qu’il est, les pres­sions de l’environ­ne­ment maté­riel (éco­nomique) ou hu­main (fa­mil­le), les fan­taisies du désir physi­que, nos peti­tes névro­ses respecti­ves autant de traver­ses que notre amour devra sup­por­ter. Souvent il paraît plus facile de rompre et de recom­men­cer ail­leurs. Par­fois nous croirons n’a­voir que de mau­vaises raisons de res­ter ensemble, la peur de la so­li­tude par exemple. Sans con­fiance fondamen­tale en notre rela­tion, celle-ci n’a pas la moin­dre chan­ce de résister, encore moins de gran­dir.
Or c’est de ce maintien et de cette crois­sance que dépend notre bon­heur. La fidélité, avant de consister à durer, est le don présent de la confiance, la manière d’être ici et main­tenant. Si ce don de la confiance est aujourd’hui réel­lement incarné, il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas encore vivace demain. La fidélité est une manière d’être en vérité. La fidélité n’est rien d’au­tre que cette con­fi­ance. La fidélité est à la mesure de ce que chacun engage aujourd’hui dans sa présence à l’autre, beau­coup plus qu’en référence à une promesse pour demain. S’il y a une crise de la fidélité, ce n’est pas par défaut de permanence, mais par légèreté dans la manière d’être ici et maintenant.

Les bonnes et les mauvai­ses habitu­des
Nous allons aborder ainsi le rôle ambi­gu de l’habi­tude dans le cou­ple. D’un côté, à force de poser des choix et des actes dans le bon sens, ils me devien­nent plus faci­les. La vertu elle-­même est une « bonne habi­tude ».
A force de choi­sir dans le sens de la fidélité, ma nature a pris comme un pli qui me rend la fidélité non pas acquise mais plus ai­sée.
De même, tous les « je t’aime » que nous avons échangés facili­tent ce­lui d’aujourd’hui. Sans eux ce dernier se­rait pratique­ment im­pos­sible. L’a­mour repose donc sur une habi­tude en ce sens. Mais il ne peut consti­tuer une habitude au sens courant, qui dis­pense du choix d’au­jourd’hui au nom de celui d’hier.
Cette habi­tude « vit » de la vitesse ac­quise et considère que ce qui est fait n’est pas à refaire. Une telle habi­tude ne « vit » pas. Elle n’invente rien mais re­pro­duit sans cesse le passé; en fait elle res­sem­ble plutôt à une ago­nie. Quand dans le cou­ple chacun s’ha­bitue à l’autre, quand il trouve normal de « dis­poser » de l’au­tre, quand l’autre tend à devenir un meuble familier, un objet dis­po­ni­ble, la mort du cou­ple n’est pas loin.
Et pourtant, comme nous pre­nons aisé­ment de tel­les habi­tudes ! Plutôt que de regar­der l’autre, nous cultivons un souve­nir; plutôt que de l’é­couter, nous suppo­sons ce qu’il va ou veut dire; plutôt que de suivre son évolution, nous pré­férons le croire tou­jours iden­tique à l’image que nous nous faisons de lui.
Le résultat est inévitable. « Les gens changent mais ou­blient de s’en avertir les uns les au­tres ». Après quelques années d’habitu­des « vécues » sur une fausse image de l’au­tre, tout à coup il se révèle tel qu’il est, et je m’ex­clame : « Ce n’est plus toi, tu as changé; tu n’es plus celle que j’aimais ! » De là à dire : « je ne t’aime plus », il n’y a qu’un pas... vite fran­chi.

L’amour et le couple cou­rent donc un grand danger du fait de l’habi­tude. Con­sidé­rer l’amour comme acquis re­vient donc à le perdre. Il de­mande de l’at­ten­tion, de la déli­ca­tesse et des soins.

Le pardon

Un mot banalisé qui a une odeur de confessionnal ! Et pourtant, une réalité extraordi­naire quand elle peut être vrai­ment com­prise et vé­cue ! Que veut dire ce mot ? Par delà le mal que tu m’as fait je te donne mon amour. Je te par-donne mon amour.
Ce n’est pas l’oubli de ce qui s’est pas­sé, des tensions qui nous ont déchi­rés; c’est le dé­pas­sement, la sublima­tion de tout ce­la. C’est la preuve que notre amour est plus grand, plus fort que tout ce qui nous a fait mal, que tout ce qui nous a séparés.
Le pardon qui se vit dans le dialo­gue vrai est l’expression de la confiance qui gran­dit enco­re. Le pardon est le si­gne d’un amour plus beau et plus fort que tout le res­te.

Accueillir la fragilité
Il faudrait que chacun de nous recon­naisse le droit à l’échec, qui est tout sauf un droit à la facilité et au laxis­me. C’est l’attention évan­gé­lique aux plus blessés d’entre nous.
Quelle que soit la peine d’un être hu­main, quels que soient ses échecs, il faut se dire qu’il y a toujours un avenir.L’heure qui sonne a sonné, le jour qui passe est passé; de­main seul compte et les après-demain, comme l’écrit si joli­ment Charles Péguy.
Il est urgent de casser le cercle infernal de toutes les duretés. Il est urgent d’édu­quer à la fragi­lité à la maison, à l’école, à l’église, dans le métier, ... en couple !
Il n’y a pas de honte à dire ses failles, ses cassures, ses rides... quand on est conjoints, parents.
Il faut oser dire que le repen­tir est en­core possible, et le par­don, et la ten­dresse.
Nous sommes tous pleins de manques, de blessures et de fragilités. Ce n’est pas cela qui est grave, ce qui est gra­ve c’est de la cacher.
Parce que, malgré nos fragili­tés, et peut-être à cause d’el­les, nous sommes capables de gran­des choses.
Regardez l’Evangile : Marie-Madeleine et la Samaritaine, la Cana­néenne, Za­chée et tous les autres...

Ne pas renoncer au dialo­gue
En tout cas, l’évidence est qu’on ne ga­gne jamais rien à faire traî­ner les pro­blè­mes du couple. A eux seuls, le temps et les cir­cons­tan­ces ne ré­sol­vent rien. Autre chose est de formuler le pro­blème et de dif­férer sa solu­tion; autre chose d’en­fouir les diffi­cultés sous un man­teau de si­len­ce, de secret, voire de men­songe. Autre chose est de parler quand l’autre peut entendre; autre chose est de se ménager des délais com­modes.

Le dialogue consti­tue le lieu de ren­contre privilégié du cou­ple. A la limi­te, le couple lui-même est dia­logue ou n’est pas. Tous les problè­mes ne se ré­sol­vent pas en parlant; mais, si l’on re­nonce à parler on ne connaît même plus l’énoncé des problè­mes. Il peut être très difficile d’ex­primer à l’autre des senti­ments ou des actes néga­tifs. L’au­tre, peut-être, en souffrira ou réagira mal.

Mais, à long terme, il serait bien pire de ne rien lui dire. L’expression d’un senti­ment est toujours vraie, même si elle peut cho­quer. Veillons à ne pas con­fon­dre cette expres­sion avec un re­pro­che qui lui peut être injuste.
Ex : « Tu es toujours parti » peut signifier « je me sens négli­gée »mais peut aussi être une simple constatation.

« Un couple crève d’abord de silen­ce » .
Avec le silence c’est l’incom­pré­hen­sion qui s’ins­talle. J’ai tu le problè­me. Je te laisse croire que tout va bien. Ce­pen­dant je modi­fie mon com­por­tement en fonc­tion du manque que j’ai res­senti. Bref, je m’éloi­gne de toi. Survient la cri­se. Tu ne com­prends pas pour­quoi j’ai changé. Poussé à bout, j’é­clate en repro­ches. Et tu dé­cou­vres mon (notre) man­que de confi­ance et la situation de quasi trom­perie où nous avons vécu : ainsi, pen­dant tout ce temps, tu me lais­sais croire que... et tu... .
En la circonstance le pardon, la ré­con­cilia­tion, est l’acte que l’a­mour met au service de l’a­mour. Le pardon rend vaine la culpa­bili­té. Mais il ne peut resti­tuer ce qui n’existe plus.
L’ir­répa­rable ad­vient quand, depuis trop long­temps, nos ac­tes inscri­vent des effets dans le monde, dans nos re­la­tions, voire dans les per­son­nes. On ne défait ni ne refait l’histoire. Il arrive que l’in­compré­hension de­vienne abî­me.


III. NOS RELATIONS AMOU­REU­SES


 Et si maintenant nous savourions en silence la joie de partager une même vie, si nous lais­sions le dia­logue des corps pren­dre la relève des paro­les, exprimer l’amour et l’ardeur, la tendresse et la pas­sion.

Les gestes sexuels : un lan­gage par­ticu­lier.
Parmi les gestes du corps, ce sont sans doute les gestes sexuels (bai­ser, ca­resse, acte sexu­el) qui sont les plus élo­quents pour expri­mer l’inti­mité de deux êtres qui s’ai­ment.
En effet, ils ont cette capacité d’ex­pri­mer l’a­mour et ses mille nuances: délicates­se, tendresse, désir de pro­mou­voir l’au­tre, re­cherche de la ren­con­tre. Ces mêmes gestes peuvent révé­ler aussi l’é­goïs­me, la vo­lonté de do­miner ou de possé­der l’au­tre, l’habitu­de, la routine.
Ils peuvent également pren­dre une si­gnifi­cation diffé­rente d’une journée à l’autre, d’une situa­tion à l’autre. A cer­tains mo­ments, ils expri­ment la joie d’être en­sem­ble; à d’autres, ils disent la volonté de se réconcilier, ou encore le désir de faire éclater l’inti­mité du couple dans la conception d’un en­fant...
C’est un langage qui s’apprend et qu’on n’aura jamais fini d’ap­pren­dre ; car il ne suf­fit pas de répé­ter indé­fini­ment le même geste pour lui assurer automa­tique­ment sa den­sité et lui faire expri­mer un grand amour.
En­sem­ble nous décou­vrirons et in­vente­rons un langage d’a­mour qui évo­luera au fil des in­quié­tudes et des retrou­vail­les, des soirs de fatigue et des matins de plein so­leil.

L’apprentis­sage du lan­gage sexuel
L’apprentissage fami­lial et so­cial.
Bien avant de vivre à notre tour, en cou­ple, les joies de la sexua­li­té, nous les avons entendu racon­ter dans notre famil­le. Avec franchise et beauté, mais peut-être aussi à demi-mot et ma­la­droitement. Notre édu­ca­tion sexuelle in­fluen­cera no­tre vie amoureu­se.
La société aussi, les revues, les films et les autres médias nous pro­jet­tent sans cesse des ima­ges et des clichés de l’a­mour et de la sexua­lité. Elle nous pro­pose ses sur-hommes et ses sur-fem­mes à la sexua­lité « libé­rée ». Ces ima­ges sont si fortes qu’on pourrait se sen­tir anormal si on vit différem­ment.

Un langage bien à nous
Nous y ajoutons nos codes se­crets, nos inven­tions. Atten­tifs l’un à l’autre, nous trans­mettons, par notre langage sexuel, des mes­sa­ges, des sentiments qui varient selon les émotions, selon nos per­sonnali­tés, selon notre réalité quo­tidien­ne. Nos étrein­tes n’auront pas tous les jours la même force. Et si ce n’est qu’à des moments privi­lé­giés que nous nous unissons tota­lement au plan sexuel, c’est à tout moment du jour que nous vivons no­tre sexualité.
Aucun livre ne peut li­vrer le se­cret du cœur comme les atten­tes sexu­elles de mon compa­gnon, de ma compagne de vie. Lui seul, elle seule peut me les racon­ter. Sau­rai-je écouter fidè­lement ses mes­sages renouve­lés ?
Un érotisme tout de beau­té sait trouver une poé­sie amou­reuse nou­velle dans un quoti­dien où la rou­tine peut s’ins­tal­ler et le sens de la conquête amoureuse s’é­mous­ser.
Nous développerons peut-être gra­duel­le­ment, sans difficul­tés spé­ciales, des rela­tions sexu­elles harmonieuses. Mais nous con­naî­trons peut-être aussi, à l’occasion, quelques diffi­cultés de par­cours cau­sées par la tension, l’i­nexpé­rience, les con­trecoups des dif­fi­cultés de la vie. C’est le lot de tout apprentis­sage.
Les jeunes qui entament leur vie de cou­ple ne possè­dent pas tou­jours, quoi­qu’on en dise ou pense, une bonne connais­sance récipro­que de leur corps et de ses réac­tions. La sexualité de­mande un apprentissage, elle est en per­pé­tuelle évolution. L’un ne désire pas tou­jours des relations sexu­elles en même temps que l’autre. Il peut alors y avoir désac­cord entre les par­tenai­res. Il est capital de respec­ter le désir ou le non désir de l’autre. Il faut donc ap­pren­dre à se connaî­tre, se respec­ter, s’écouter­. C’est un chemine­ment long, une ex­périence de tous les jours. Au­cune informa­tion ne peut changer l’expé­rience unique qui passe aussi par des dé­ceptions et des échecs.
Si le dialogue est impor­tant dans la vie du cou­ple, il est aussi im­por­tant dans sa sexu­ali­té. Il faut dé­dramatiser les situa­tions et ac­cep­ter de pou­voir parler de sa sexualité (dif­fé­rence de rythme, atten­tes déçues...)
Il faut aussi se défaire de l’idée pré­con­çue que toute relation se­xuelle passe par une pénétration et par l’or­gasme. La ten­dresse c’est déjà une re­lation sexu­elle.
Enfin, il faut veiller à avoir des re­lations avec son corps et pas avec sa tête. Ne gâchons pas no­tre plaisir en réfléchis­sant trop...No­tre corps est une harpe et on ne joue qu’avec les cordes géni­tales alors qu’il y en a tant d’au­tres... Appre­nons à nous con­naître, per­mettons-nous du plaisir; gar­dons-­nous de considé­rer qu’il y a des caresses « anor­males ». Pour au­tant que les deux partenai­res soient d’ac­cord, il leur appar­tient de re­chercher, à leur maniè­re, leur épa­nouis­se­ment sexu­el.

L’approche amoureuse

Une préparation né­ces­saire

L’union sexuelle est une ren­contre très in­tense qui mobi­lise toute l’énergie psy­cholo­gi­que, affective et physique. En raison de son in­tensi­té, elle de­mande d’être pré­pa­rée pour se réaliser harmo­nieuse­ment et à la satis­fac­tion des deux parte­naires.

Le climat

La rencontre amoureuse totale se situe tou­jours dans un contexte de vie. La fatigue, les préoc­cu­pa­tions, les rancœurs inavouées peu­vent empê­cher le déroule­ment har­mo­nieux d’une rela­tion sexuelle. Par ail­leurs, la dé­ten­te, les marques d’attention au cours de la journée, un évé­nement heureux vécu à deux, un geste de réconcilia­tion peu­vent tous avoir une influence bienfai­sante sur l’union sexuel­le; ils créent un climat de ten­dresse que l’ex­pres­sion sexu­elle vient cou­ron­ner.

Ce climat peut se déve­lopper à tra­vers les ges­tes quotidiens ou être le fruit de la créa­tivité : repas de fête un jour de semai­ne, célé­bra­tion im­promptue d’un anniver­saire jusque là sans im­por­tance, change­ment de décor, voya­ge, fond musi­cal... De fait, tout ce qui main­tient l’amour vivant contribue à la pléni­tude de son expres­sion totale.

La stimulation sexu­elle

La stimulation proprement sexuelle per­met d’harmo­ni­ser le rythme d’ex­cita­tion des amou­reux et de dispo­ser leur orga­nisme à désirer l’union et à l’accomplir de façon agréable. Les ca­resses sexuelles sont particu­lière­ment impor­tantes pour la fem­me; son exci­ta­tion est en effet géné­ralement plus lente à se produire et plus dif­fuse que celle de l’homme.
C’est la stimulation mu­tuelle des zones érogè­nes de leur corps qui permet à l’homme et à la femme de faire une ex­pé­rience toujours plus intense de la ten­sion et du plaisir sexu­els. Une zone éro­gène est une partie du corps spé­cia­le­ment sensi­ble à l’exci­ta­tion sexuel­le. Ces zones ne sont pas les mêmes et n’ont pas la même in­tensité chez tou­tes les person­nes.

Chez l’homme, les zones éro­gènes sont habituel­lement les lèvres, les mame­lons, toute la zone génitale et plus parti­cu­lière­ment le gland du pénis.

Chez la femme, ce sont habi­tuelle­ment la bou­che, le lobe des oreil­les, le cou, l’inté­rieur des cuis­ses, le dos près de la co­lonne ver­tébra­le, les seins, les petites lèvres de la vulve et enfin, tout particu­liè­rement, le clitoris.

Un apprentissage

Touchers, caresses, bai­sers : des ges­tes qui, appli­qués aux zones éro­gènes, stimu­lent gra­duel­lement le plaisir et pré­parent à l’union totale. Il n’exis­te pas de mani­ère de faire univer­selle­ment efficace car chaque per­sonne a ses sensi­bi­lités, qui d’ailleurs varient selon les circons­tan­ces.
Il faut du temps pour décou­vrir ces parti­cula­rités et ap­prendre com­ment amener son conjoint à la pleine jouis­sance sexuel­le. Avec un peu de pa­tien­ce, un couple se crée un lan­gage sexu­el, établit un rite de ses relations amou­reuses, rite qu’il sait renou­ve­ler lors­que la routine se fait sentir. Une certaine maî­trise des gestes de l’amour fait aussi partie de cet apprentis­sage, permettant aux couples une meil­leure connais­sance de leurs corps et de leurs réac­tions.

L’acte sexuel ou la ren­contre amou­reuse tota­le

C’est par l’acte sexuel même que la sexu­alité humaine se traduit le plus fortement. Pour un homme et une fem­me, ce geste constitue un moyen d’ex­pres­sion tout à fait pri­vilégié de l’amour qu’ils se por­tent mutuel­lement. Il pro­cure en outre, du moins habi­tuel­lement, le plaisir le plus intense qu’un être hu­main puisse ressen­tir. Cette ex­pé­rience du plai­sir est très équi­librante pour autant que l’autre soit reconnu comme autre, diffé­rent, animé du même désir. Le danger est de vouloir vivre cet ins­tant en s’isolant de tout le reste du monde, un moment dans lequel tout est ou­blié, en en faisant une fin en soi.
Il sera riche et bon quand il exprimera le désir de ren­con­trer l’au­tre plus profondé­ment, plus en vérité, lors­qu’il sera un tremplin vers l’au­tre.

La préparation

Les baisers, les cares­ses, en un mot le rap­pro­chement phy­sique des par­tenai­res, contri­bue à les exci­ter sexuelle­ment. Les réac­tions de l’homme à ce genre de stimuli sont en gé­néral plus rapides que celles de la femme. Aussi il arrive fré­quemment que celle-ci ait be­soin de marques de tendresse plus nombreu­ses, plus variées et plus pro­lon­gées. Elle appréciera alors un com­pagnon dont la pas­sion s’ac­com­pagne de patience et de tendres­se.

Une fois la stimulation réci­pro­que a­mor­cée, la tension sexuelle aug­mente pro­gressi­vement. Les ré­flexes génitaux qui pré­parent les corps des deux parte­nai­res sont alors déclen­chés.

Le pénis de l’homme se gonfle et se durcit. En état d’érec­tion, il peut être introduit dans le vagin de la fem­me, un peu de lubri­fiant ve­nant de plus humec­ter le gland pour fa­ciliter le glisse­ment du pé­nis dans la vulve. Le clito­ris de la femme se durcit égale­ment : le bout peut ainsi en être plus facile­ment dé­tecté et exci­té. Les grandes lèvres se gon­flent. Une sécré­tion des glandes de Bartholin ap­pa­raît dans les replis de la vulve et dans le va­gin. La femme est alors prête pour l’union sexu­elle.

L’union sexuelle

L’union sexuelle se réa­lise par la pé­nétra­tion du pénis dans le vagin. Le frottement du gland et du pénis à l’en­trée puis à l’intéri­eur du vagin aug­mente l’excita­tion sexuel­le. Une série de mou­vements (va-et-vient du pénis), contrac­tion du vagin et ba­lance­ment du bas­sin chez la femme contribuent à accroî­tre cette excita­tion et mè­nent progres­sive­ment homme et femme au som­met de l’expé­rience sexu­el­le. Stimulé par la contrac­tion du vagin, le pé­nis, en un mouve­ment spasmo­di­que, projette le liquide sé­minal au fond du vagin.

L’orgasme
L’orgasme est le sommet de l’ex­pé­ri­ence et de la jouissance sexu­el­les. Moment intense de plaisir sui­vi d’une relaxa­tion complète de l’orga­nisme, il se manifeste de façon diffé­rente chez l’­homme et chez la femme.

Chez l’homme
L’homme connaît l’orgasme lors­que, par son pénis en érection, il éjecte le liquide sémi­nal. L’homme peut parve­nir assez rapi­dement à l’or­gasme; c’est pourquoi il doit souvent en rete­nir volontai­rement le déclen­che­ment pour s’ajuster au rythme de sa partenaire. Chez lui, l’orgasme ne dure que quel­ques se­condes et s’accompa­gne de réac­tions physiques telles que : mouvements spon­tanés du corps, accé­lération du pouls et de la respira­tion, etc. Il est vite suivi d’une détente phy­si­que géné­rale. L’homme éprouve alors une sen­sa­tion de grande lassitu­de; il est sou­vent porté à s’a­ban­donner complè­tement dans le repos au­près de sa compa­gne. La plupart du temps, il ne peut être re-­sti­mulé sexuel­lement immédia­tement après l’or­gas­me.
Chez la femme
La montée vers le sommet du plaisir sexuel est générale­ment plus lente chez la femme. Par ail­leurs, son orgasme peut durer plus longtemps et même se répéter plusieurs fois. Certaines fem­mes parvien­nent à l’orgasme par la sim­ple sti­mulation des seins et la plu­part connaissent la satisfac­tion sexuelle quand leur clito­ris est stimulé. Ce plaisir s’accroît habi­tuel­lement quand la femme sent en elle le pénis de l’­homme qu’elle aime. L’orgasme peut s’­accom­pa­gner de mouve­ments de la tête et des jambes, d’une respi­ration hale­tan­te, du serrement du corps de l’homme, d’exclama­tions et de fris­sons.
L’orgasme peut va­rier consi­dé­rable­ment d’une per­son­ne à une autre ou encore d’une fois à l’autre chez la même per­sonne; il peut aussi varier en inten­si­té. Il peut arriver occa­sionnel­le­ment que l’or­gasme ne se pro­duise pas dans une relation sexu­elle donnée.
D’ailleurs certaines jeunes femmes n’­at­tei­gnent l’or­gasme qu’après un cer­tain temps.
L’orgasme simultané est pos­sible, mais sa recher­che ne doit pas deve­nir une préoccu­pa­tion domi­nante. Le fait pour un couple d’ar­river ensemble à l’or­gasme n’est pas néces­sai­rement le signe d’une rela­tion amou­reuse ré­ussie.

La tension d’une perfor­man­ce à accom­plir convient mal à un geste qui est avant tout une ex­pression d’a­mour.

Les difficultés d’a­juste­ment sex­uel

Il est rare que la vie sexuelle d’un cou­ple se déroule comme par enchan­te­ment. Aussi un couple doit­-il s’atten­dre à ren­contrer des « difficul­tés de par­cours » et se pré­pa­rer à y faire fa­ce.

Parfois ces difficultés se pré­sen­tent dans les premières relations sexu­elles, à cause de l’inex­pé­rience des débuts. La plupart du temps il suf­fit d’un peu de pa­tien­ce et d’at­ten­tion à l’autre pour que l’union sexu­elle soit satis­fai­sante.

Les difficultés peuvent aussi appa­raî­tre plus tard, parfois sans rai­son ap­parente. Il faut cher­cher les causes du malai­se, qui peuvent être d’ordre phy­sique ou psy­cholo­gique.

Absence de désir sexuel

Cette situation se pré­sente aussi bien chez l’homme que chez la femme; elle peut être occa­sion­nelle ou
régulière.
Voilà que l’un des parte­naires n’é­prou­ve plus de désir sexuel. Il ne prend pas l’ini­tiative des ap­pro­ches amou­reu­ses ou bien il y répond sans enthou­si­asme. La cause en est parfois simple : une mala­dres­se ou une parole dé­pla­cée, un peu de fa­tigue. Il suffit alors de sup­pri­mer la cause pour que le désir sexuel réap­pa­raisse.

Il se peut aussi que la routi­ne, le man­que d’ima­gina­tion ou de fantai­sie, aient rendu moins at­trayante l’union sexuel­le. Il fau­dra alors inventer des jeux amou­reux et ra­vi­ver l’amour ini­tial.

Il ne faut cependant pas crier à la dé­fail­lance sexuelle quand on décou­vre qu’un des parte­nai­res est moins « chaud » que l’autre ou que son exci­tation est plus lente. Il importe d’a­bord de bien se con­naî­tre, de connaître son propre ryt­hme sexu­el et d’éviter toute compa­rai­son avec les autres.

Si ces diverses explica­tions ne s’ap­pli­quent pas, c’est qu’il ex­iste des causes plus profon­des et plus lointai­nes; il ne faut alors pas hési­ter à consulter un spé­cia­liste.

Difficultés de pénétra­tion
Il peut arriver que la pénétration du pénis dans le va­gin s’avère difficile.

Chez l’homme

L’homme désire l’union sexuelle mais ne par­vient pas à l’érec­tion.

Ce peut être une inca­pacité occa­sion­nelle, cau­sée par le stress, le surmena­ge, l’abus d’alcool ou de drogue. Il suffit géné­ra­lement de sup­primer la cause pour que l’homme re­trouve sa capacité de provo­quer et de conserver l’érec­tion.

Si cette incapacité per­dure chez un homme qui avait au­paravant des érections nor­males, la cause peut en être d’or­dre médical (affec­tion de l’u­rètre ou des nerfs qui com­mandent l’é­rec­tion) ou d’or­dre psychologi­que (peur de l’é­chec, senti­ment de cul­pabi­li­té, con­flit conju­gal, etc.)

S’il s’agit enfin d’une impuis­sance abso­lue, il faudra consulter un spécia­liste.

Une autre forme fréquente de diffi­culté d’ajus­te­ment sexuel, chez l’hom­me, est l’éjaculation prématu­rée. L’homme par­vient trop rapide­ment à l’orgasme : il éjacule après quelques mi­nutes de ca­res­ses, ou dès que le pénis touche la vulve ou pénètre l’entrée du va­gin. Cette situa­tion se présente parfois lors des premiè­res expériences sexuel­les et peut être attri­buée à une émo­tion trop vive. Si la situa­tion se pro­longe, il est préféra­ble de con­sulter un médecin ou un conseil­ler conjugal.

Chez la femme

L’incapacité de pénétra­tion pro­vient d’une con­trac­tion, parfois doulou­reuse, du va­gin. Nous n’a­bor­dons pas ici les difficultés d’a­juste­ment des premiers rapports qui trouvent leur solution avec l’expé­rience des conjoints (ajus­te­ment à la dimen­sion du pénis, brisure de l’hymen, ou stimu­la­tion sexuelle in­suffi­sante).

Si la contraction doulou­reuse per­siste, il se peut que ce soit un cas de vagi­nisme, enten­du au sens strict, soit une inflamma­tion du vagin qui peut être causée par une in­flam­ma­tion de l’urè­tre, une tu­meur ou une maladie orga­ni­que.
Il se peut également qu’il s’a­gisse d’une forme de vaginis­me, en­tendu au sens large, soit une crispation du va­gin dont les causes sont d’ordre psy­chologique. Le recours à un spécialiste est la solu­tion appro­priée.

Vie affective et sexuelle

Quelques réflexions.

L'apprentissage.

Les jeunes qui entament leur vie de couple ne possèdent pas toujours - quoiqu'on en dise ou en pense - une bonne connaissance réciproque de leur corps et de ses réactions. La sexualité demande un apprentissage, elle est en perpétuelle évolution. L'un ou l'autre ne désire pas toujours de relation sexuelle en même temps et il peut y avoir alors désaccord entre les partenaires. Il y a un décalage homme - femme parce que les deux personnalités sont différentes, souvent sur deux longueurs d'ondes différentes. Il est capital de respecter le désir et le non désir de l'autre. Souvent aussi la femme est déçue lors des premières relations sexuelles. Pour érotiser son vagin, il lui faut parfois plusieurs années.

Importance de la communication.

Souvent la femme idéalise la relation, elle n'y voit qu'une relation affective, d'où déception.
Il faut aussi faire l'apprentissage de se connaître, de se respecter, de s'écouter : c'est un cheminement entre eux, en s'aimant l'un l'autre, c'est une expérience de tous les jours. Aucune information ne peut changer l'expérience unique qui passe aussi par des déceptions et peut-être des échecs. Si des difficultés mineures ou une pathologie plus complexe apparaît, il y a risque de dégradations importantes et rapides au niveau de l'individu et/ou de l'entente du couple. La consultation d'un sexologue est parfois bien utile.
Une composante essentielle de la sexualité, c'est la communication. Il faut se mettre à l'écoute de l'autre. Oser dire ce qu'on aime et n'aime pas, parler des différentes positions, de la masturbation, de la différence de rythme, du plaisir ressenti et de l'attente déçue, (souvent la femme se culpabilise de ne pas atteindre l'orgasme).
Parler de "plaisir" plutôt que d'orgasme.
Parler clairement, avec précision . Dédramatiser les difficultés. Des difficultés sexuelles peuvent exister : impuissance, éjaculation précoce, manque de désir, pénétration difficile, manque de lubrification naturelle. Ne pas avoir peur d'en parler à un médecin (à un pharmacien) qui pourra aider à trouver les solutions.

La tendresse.

Est très importante dans la sexualité. Ici, il existe parfois un décalage entre homme et femme.
La femme a plus besoin de tendresse et a besoin de sa "dose" de caresse pour vivre une relation sexuelle épanouie ; l'homme fera plutôt référence au niveau de la performance ; il exprime peut-être moins le besoin de tendresse.
Etre bien dans les bras l'un de l'autre, "avoir bon" ensemble, c'est déjà une relation sexuelle.

Chaque rencontre tendre ne doit pas nécessairement aboutir à une pénétration. La relation sexuelle n'est pas une course à l'orgasme.
Etre soi-même ; S'accepter soi-même. S'aimer soi-même. Se connaître. Se permettre du plaisir. Il faut essayer d'évacuer le culturel, le sociologique, ... , on ne fait pas l'amour avec sa tête mais avec son corps.



IV. ENSEMBLE INVENTER NO­TRE PRO­JET

Notre fécondi­té.


Pendant trop longtemps — et malheureusement la situation se vérifie en maintes situations encore aujourd’hui —, elle a été complètement identifiée en la capacité de procréer, c’est-à-dire en son aspect biologique, fournissant une vision réductive qui a éludé sa signification la plus profonde. La fécondité est en fait, dans son vrai sens, la permanente tension du couple (comme de tout vrai lien d’amour) à ne pas se renfermer sur lui-même, mais à s’ouvrir aux autres, à sortir d’une sorte d’isolationnisme narcissique (c’est-à-dire d’une réciproque contemplation) pour se projeter vers l’extérieur dans un engagement efficace à l’égard du monde extérieur.

L’a­mour ainsi vécu fait dé­couvrir à l’hom­me que vivre, c’est cela : s’accomplir en deve­nant un être de commu­nion.
Ayant découvert, dans l’épais­seur même de sa chair, qu’il ne peut vivre « pour lui » sans vivre « pour l’au­tre », l’homme sau­ra que son épa­nouissement et sa pléni­tude ne peuvent être cher­chés que dans une décen­tra­tion perma­nente. L’homme ne peut dé­couvrir le bon­heur qu’en cher­chant à le don­ner à au­trui ». 3

« Il y a trois dimensions dans la sexua­lité : éroti­que, rela­tion­nelle, procréa­trice. Il est impossi­ble au couple de les vivre en même temps. Il faut donc hiérarchiser ces dimen­sions en fonction de ce que le couple vit concrète­ment et promou­voir ce qui paraît es­sentiel à ce moment-là pour le couple. 4
La vie ne se vit bien que si elle est vie pour un autre. Et la vie pour un autre ne se vit bien que si elle est vie pour beau­coup d’au­tres. (J. Le Du)
La fécondité du couple, ins­crite au cœur même de l’amour, ce n’est pas d’abord ou seule­ment la pro­créa­tion, c’est aussi le tra­vail pour les au­tres, l’action dans la cité, la table ouver­te, les prises en charge, le ser­vi­ce, la profes­sion, la culture. Ceci revient à affir­mer la dimen­sion sociale et politique de tout amour . S’imagi­ner qu’il y a, d’un côté, l’amour comme réalité inter­personnelle et privée et, d’un autre côté, l’action sociale et politi­que, c’est mécon­naître aussi bien les dimen­sions de l’amour que celles de la politi­que.

L’Amour du Père nous a voulus créateurs. Notre sexualité nous permet d’être cré­a­teurs : procréa­teurs des enfants, cer­tes, mais aussi, par nos rap­ports sexu­els, créateurs de notre couple. « Donner la vie ce n’est pas seule­ment tirer un être hu­main nouveau de la combinai­son de quelques aci­des aminés, c’est tout autant faire vivre le couple en tant que tel, le revivi­fier sans ces­se » 5

Le couple avec enfant

Nous...un enfant ?

Comme la plupart des cou­ples, nous en­visa­gerons sans dou­te, un jour ou l’au­tre, de don­ner nais­san­ce à un en­fant. Au début de notre vie à deux ou bien un peu plus tard ? Ou bien en aurons-nous plusieurs et alors à quel rythme ?

En planifiant notre fé­condité de cou­ple, nous essaye­rons de tenir com­pte de toutes les don­nées de la situation : nos deux généro­sités, notre santé, no­tre équilibre psy­chologique et affec­tif, le bien de nos au­tres enfants, nos possi­bili­tés de logement, nos finances, nos responsabi­lités familiales et so­ciales.

Donner la vie, quelle que soit la forme que ce don prendra pour nous, c’est toujours accep­ter de prendre un ris­que. Et la fécondité de no­tre couple ne pou­rra s’exer­cer qu’à ce prix.

La contraception

Par contraception nous en­tendons la mise en oeu­vre d’un contrôle de la fé­condité, sans distinc­tion de mé­thodes, pourvu qu’elles agis­sent avant la con­cep­tion. La con­tracep­tion est donc un projet.

La contraception inter­vient dans la libéra­tion sexuelle en permettant de distinguer la fonc­tion unitive et la fonc­tion procréa­trice du ma­ria­ge. Elle per­met l’épanouis­se­ment mu­tuel sans risque de gros­sesse non désirée. La contracep­tion pose une question de mo­rale fonda­men­tale : le respect de la personne humaine dans l’enfant pos­si­ble, dans le par­te­naire, dans mon pro­pre corps et au regard de la so­ciété humaine.

Ce n’est donc pas une simple ques­tion de chimie ou de bio­logie; cela nous concerne au plus pro­fond de notre devenir homme, de notre humani­sation, de la grandeur et de la di­gnité humaine.

L’amour se traduit dans des actes, dans des com­porte­ments.
Pour savoir s’ils sont bons, posons-­nous ces ques­tions :
* Cet acte exprime-t­-il l’amour ?
* Est-ce un message d’amour que je com­muni­que, ou mon dé­sir de possé­der, de dominer ?
* Cet acte tend-il à favoriser la ren­con­tre et le dialogue ou me permet-il de me servir com­modé­ment de l’autre ?
* Cet acte fait-il progresser la rela­tion d’a­mour
?
Comment choisir le type de contra­cep­tion ?

Une réponse : la cons­cience éclairée con­fron­tera les principes à la situa­tion réelle. C’est la con­science qui décide en dernière instance, ain­si que les évê­ques bel­ges l’ont rap­pelé : « la der­nière règle pra­tique est dictée par la conscience dûment éclai­rée. » Le Christ ne nous invite pas à renon­cer à la sexu­ali­té, mais à renoncer à toute dépen­dance dans et vis-à-vis de la sexualité; il nous invite à la vi­vre de manière tou­jours plus res­pon­sable et autonome.

Concrètement : s’assurer au dé­part qu’on parle bien de contracep­tion; que les mé­tho­des en ques­tion empê­chent la fécon­dation et agis­sent avant celle-ci; tout autre se­rait le pro­blème des mé­thodes abor­ti­ves !

Cela fait, raisonner en termes de rap­port à l’au­tre, de rap­port à soi et à son propre corps: choisir ce qui nous rend capable objective­ment, au vu des résul­tats, de nous aimer mieux et de mieux aimer Dieu.

Ce n’est donc pas un choix entre mé­tho­des na­turelles ou non natu­rel­les : la même mé­thode peut être utili­sée contre l’enfant et consti­tuer un moyen égoïste de ruser avec son corps, ou tra­duire une prise de res­ponsa­bilité chez celui qui, conscient de ses pou­voirs, choisit de les limiter.

La morale se situe beaucoup moins au niveau des « moyens » que des « motivations ». Le « pourquoi » pour un croyant doit refléter beaucoup plus d’importance que le « comment ».

Un enfant...pour qui, pour quoi ?

Pour quoi ?

Les motifs pour avoir un en­fant sont fort nom­breux. On peut dési­rer un en­fant pour prou­ver sa viri­lité ou sa fémi­nité; parce que c’est l’une des choses les plus impor­tan­tes dans la vie; parce que cela com­pense l’ab­sence de pou­voir social; parce que c’est nor­mal d’en avoir; parce que l’enfant pro­cure des joies; parce qu’il peut être une source de reve­nus; parce qu’on veut perpétuer son sang; parce qu’on veut se témoi­gner concrète­ment son amour; parce qu’on ne veut pas vieillir seul; parce qu’on veut participer au geste créa­teur de Dieu.

Mais fondamentalement, l’en­fant est pour lui-même.

Quand nous donnerons naissance à notre enfant, nous lui ap­pren­drons à deve­nir lui-même. Nous le rece­vrons tel qu’il sera et nous l’ai­derons à ne res­sembler qu’à lui-même, à devenir lui-même.

La maternité et la pater­nité s’ex­ercent pen­dant toute une vie, et la fécondité est tou­jours pré­sente avec ses joies, ses grâces et ses respon­sabi­lités.

En grandissant, les en­fants se taillent une place dans la fa­mille et multi­plient les occa­sions de parta­ge. Ils nous font dé­couvrir des dimensions nou­velles, souvent inat­ten­dues et inquié­tantes, de notre vie, et mettent cons­tam­ment au défi nos ta­lents et nos res­sour­ces per­sonnel­les.

En fait, la présence d’enfants dans notre vie de couple ac­centue notre fé­condité dans toutes ses dimen­sions, autant affec­tives, sociales que spi­ri­tuel­les. Ainsi, qui pourra le mieux nous faire approfondir notre foi que l’enfant qui nous ques­ti­onne candide­ment sur le sens de la souf­france, la durée du bon­heur, l’origine des fleurs, la vie au-delà de la mort ?

Liberté de l’enfant

L’enfant est lui-même, c’est­-à-dire diffé­rent. A ce titre, il a ses droits : droit à l’amour, droit au respect, droit à la sécuri­té, droit à la vé­rité, droit au savoir, droit de pen­ser.

En tant qu’être humain, l’en­fant a droit à ce que l’adulte lui accorde de l’impor­tan­ce, lui recon­naisse sa valeur per­son­nelle. Il n’est pas un adulte miniaturisé vivant dans un monde ar­ti­ficiel, mais une per­son­ne avec ses ca­rac­té­ristiques pro­pres.

Toute attitude qui ne per­met pas à l’en­fant d’être une per­sonne ne favorise donc pas l’édu­ca­tion; c’est le cas de l’autori­tarisme, de l’a­mour pos­sessif, de l’a­mour sur protecteur.

On n’aime pas l’enfant parce qu’il est notre orgueil, parce qu’il est doué, parce qu’il a nos traits phy­siques, mais on l’aime pour lui-même, pour ce qu’il est. L’en­fant procure de la joie, du plaisir, mais il n’est pas un divertisse­ment à notre service. S’il est né pour no­tre bonheur, il est né surtout pour son propre bonheur.

L’enfant ne peut être comme on le veut. Inutile de lui dire constam­ment ce qu’il doit penser, ce qu’il doit dire, ce qu’il doit faire : il a le droit d’être lui-même, même si cela ne cor­res­pond pas exac­tement à ce qu’on dési­rait.

Certes, on peut encou­rager l’en­fant à faire de son mieux, mais « son mieux », ce n’est peut-être pas « le mi­eux » qu’on au­rait voulu. Je n’ai pas à mo­deler l’enfant à mon ima­ge; ce fai­sant je risque­rais de lui transmettre mes pro­pres préju­gés, mes peurs, mes dégoûts, ou de lui imposer mes rê­ves, mes pro­jets.

Si nous décidons d’avoir un ou des en­fants, cela pourra nous prendre une ving­taine d’an­nées pour lui donner vraiment nais­sance, pour lui donner pleinement la vie. Et seul l’amour qui nous unit peut nous rendre capables de tenir les pro­messes de notre pater­nité et de notre materni­té.

Et nous ne serons pas trop de deux pour accom­plir cette tâche.

L’éducation d’un enfant

Cependant, on ne peut impro­viser quand il s’a­git d’accom­plir adéqua­te­ment cette tâche si délicate qu’est l’édu­ca­tion d’un enfant. Com­ment se re­trou­ver, par exem­ple, dans les diffé­rentes écoles de pen­sée, souvent contra­dic­toi­res, concer­nant l’édu­cation des enfants ? C’est alors que la consultation ou l’échange en­tre parents devien­nent des moyens parti­culièrement effi­ca­ces pour apprendre son mé­tier d’éducateur.

Pour élargir intérieurement l’horizon d’un enfant, il faut obéir à deux exigen­ces :

La famille doit être discrète. Jean Suli­van écrit : « Si vous êtes père et mère, soyez-le bien et le moins long­temps possible. N’ayez pas besoin de vos enfants pour exis­ter. »

Si l’éducation consiste à for­mer une per­sonne li­bre, capa­ble de prendre ses res­ponsa­bilités et de faire des choix éclairés, cela re­vient à dire qu’é­du­quer c’est ap­prendre à l’enfant à se passer de ses éduca­teurs, à favori­ser chez lui l’acquisi­tion du senti­ment d’indépen­dance et l’expé­rience de l’au­tonomie.

Mais en même temps, un en­fant a le droit à son enfance : notre manie in­consciente est d’en faire un adulte en petit. Il a les droits de l’espiègle­rie et du rêve.

Cette conception ne s’i­dentifie pas au « laisser faire ». Lors­qu’une désappro­bation ou une sanc­tion est nécessaire, le respect reste pri­mordial : on désap­prouve des ac­tes, non l’en­fant lui-même.

« Vos enfants ne sont pas vos en­fants. Ils sont les fils et les filles de l’­appel de la vie à elle-même. Ils vien­nent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appar­tien­nent pas. Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leur propre pen­sée.

Vous pouvez accueillir leur corps mais pas leur âme, car leur âme habite la maison de demain, que vous ne pou­vez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous ef­for­cer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne va pas en arrière ni ne s’attarde avec hier. » (Khalil GIBRAN, « Le Prophè­te », Casterman, 1970)

Le couple sans enfant

Certains couples optent pour ne pas avoir d’en­fant. D’autres vou­draient en avoir mais ne peuvent pas.

Ce qui réalise vrai­ment un couple, ce n’est pas le fait d’a­voir ou de ne pas avoir d’en­fant, mais ce sont les valeurs que les époux vivent à travers cette situa­tion. Si le choix de ne pas avoir d’enfant est fondé sur des va­leurs négati­ves, si le fait de ne pouvoir en avoir est vécu comme un échec, le couple aura de la difficulté à se réaliser. Mais si, dans les deux cas, les époux s’orien­tent vers des valeurs de gé­nérosi­té, de dis­po­ni­bilité, de don de soi, d’ouver­ture aux réalités de la vie et de l’a­mour, ils s’enga­gent sûre­ment sur un che­min de vie et de bonheur.

Ceux qui n’en veulent pas

Un grand nombre de motifs peu­vent être avancés par un couple qui ne veut pas d’en­fant : ne pas accroî­tre le pro­blème de la surpo­pula­tion, conserver une plus gran­de liberté, se donner du temps pour vivre, éviter de faire vivre à un en­fant les pro­blè­mes que con­naît notre monde actuel­lement, préserver la santé de la mère, éviter une sur­charge de travail pour l’un ou l’autre des con­joints, craindre de transmettre une ma­la­die ou un han­dicap à un en­fant, pour­suivre des étu­des, atten­dre d’habi­ter un loge­ment plus grand, attendre d’en avoir les moyens finan­ciers, déve­lopper plutôt une fécon­dité socia­le, etc.

Le couple chrétien optera pour cer­tai­nes va­leurs fonda­mentales et décidera qu’el­les joue­ront un rôle important dans toute son exis­tence et dans toutes ses déci­sions :

* le respect des senti­ments d’in­quié­tude ou d’insé­curité vécus par le con­joint à cer­tains mo­ments de la vie à deux;

* la confiance que les fai­blesses de l’un seront com­pensées par les forces de l’autre;

l’espérance qui les rend capa­bles de sur­mon­ter des défis, d’af­fron­ter des ris­ques, de sur­monter des échecs parce qu’ils savent qu’à cause de Jésus-Christ la vie est plus forte que la mort.



Quels seront les effets à court et à long terme d’une décision de ne pas avoir d’enfant ? Serons-­nous plus heu­reux ? Nous aimerons­-nous davanta­ge ?

Quelle autre forme de fécon­dité al­lons-nous choisir ? Dans quelle mesure la pres­sion so­ci­ale (l’opi­nion des amis ou des voisins, l’in­flu­ence de la pres­se ou de la télé­vision) jouera-­t-­elle dans no­tre déci­sion de ne pas avoir d’enfant ?

Ceux qui ne peuvent en avoir

Ne nous étonnons pas si l’enfant tarde à venir : 10% des couples envi­ron ne peu­vent avoir d’en­fant. Les cau­ses en sont multiples.

Le couple non fertile s’adres­sera à un méde­cin ou à un centre de traitement médical de l’in­fertilité. Aujourd’hui il exi­ste de nombreux moyens de résou­dre ce problème, depuis les hor­mones jusqu’à la féconda­tion in vitro.

Dans les cas de stérilité tota­le, d’au­tres solu­tions peuvent être envi­sagées par un cou­ple. C’est ainsi que cer­tains recourent à l’a­dop­tion. Dans ce cas ils s’inter­roge­ront sur le sens de leur déci­sion, sur leur capacité de rendre un enfant heureux, sur l’im­por­tance qu’ils atta­chent aux « liens du sang » et sur les réactions de la famil­le.

Droit à l’enfant ?

La stérilité est un mal et chercher à la vaincre est non seulement un droit, c’est même un devoir. Comme homme et comme chrétien il faut s’émerveiller devant tou­tes les découver­tes scienti­fiques et médicales; il faut cepen­dant adopter l’attitude du veilleur face à certai­nes dérives actuelles qui sont effrayantes.

Et l’enfant dans tout cela ? Les pa­rents sont en droit de pouvoir réaliser leur vocation de père et de mère; mais ce n’est pas un droit absolu. Il est équivo­que de parler d’un droit à l’en­fant comme on parle du droit au travail ou au minimum vital ! Il pourrait exis­ter une réelle confusion entre « fabri­cation » et procréa­tion : on ne choisit pas un enfant, on transme­t la vie et on accueille un en­fant. L’en­fant n’est pas un objet, c’est une personne.

Une décision commune. Quelle que soit la nature de nos choix concer­nant la plani­fica­tion des nai­s­san­ces, nos décisions d’ê­tre féconds de telle ou telle fa­çon, nous les pren­drons ensem­ble. La déci­sion d’avoir ou de ne pas avoir d’enfant, de choi­sir telle forme de fécon­dité sera tou­jours le fruit d’une recherche commune réalisée dans le res­pect et l’amour mutu­els.

Nos choix favoriseront tou­jours la fé­con­dité de notre couple, quelle que soit la forme que nous donne­rons à cette fécon­dité.

Notre attitude face à ...

Notre logement

Quelle que soit la for­mule d’ha­bi­tation que nous préférions, c’est habi­tuel­lement le revenu dispo­nible qui guidera notre choix.

Il est préférable que le coût du loge­ment ne dé­passe pas 25% du salaire le plus stable.

Comment sera notre « chez nous » ?



Où sera notre « chez nous » ?

Allons-nous habiter en ville ou à la cam­pa­gne ? D’innom­brables consé­quen­ces décou­lent de ce choix. D’autre part, de l’habita­tion dépen­dent les relations avec les pa­rents, les relations de voi­sinage (par le biais des en­fants), le choix de l’école, etc. ..

Important aussi, le cal­me. Au dé­but, on ne s’en préoccupe guère, mais cela peut empoi­sonner la vie et commander un dé­mé­nage­ment sup­plémen­taire avec tout ce que cela suppose ...

L’argent

L’argent est le nerf de la guerre, dit­-on. Il peut être le moyen ap­pro­prié pour réaliser bon nom­bre de nos pro­jets, mais aussi le poison de notre exis­ten­ce. Comment nous compor­ter face à l’ar­gent ?

La publicité

Tel objet peut paraître indis­pensa­ble à l’un de nous et parfaite­ment inu­tile à l’autre ! Nous ne sommes pas sensi­bles à la même publicité. Ce qui est impor­tant pour moi ne l’est peut-être pas pour toi. Ceci est dû aux influences que nous avons subies (pa­rents, mode, amis, voi­sins...)

Est-ce que je peux m’en pas­ser ? C’est-à-dire conti­nuer à vivre sans tel arti­cle ? Ou bien pouvons-nous planifier raison­nable­ment son ac­quisi­tion ? Sur­tout ne nous lais­sons pas domi­ner par l’idée que « l’oc­ca­sion » d’acquérir cet ar­ticle ne se repré­sentera plus.

Méfions-nous de la publi­cité, elle est faite pour créer le besoin et pour cela elle exploite nos points faibles :

La publicité, un moyen d’être in­formé, certes, mais aussi un bon moyen de s’­endetter !

Il est en effet dangereux de se laisser piéger par les achats à crédit dont l’effet « boule de nei­ge » peut avoir des consé­quen­ces gra­ves sur l’équili­bre du bud­get.

Il existe des orga­nismes d’infor­ma­tion et de protection des consom­ma­teurs comme, par exem­ple, Test Achats.

N’oublions jamais qu’avec notre argent nous sommes en mesure d’exercer un cer­tain pouvoir. En ef­fet, nous pou­vons influencer dans une cer­taine mesure les projets fi­nan­ciers des fabri­cants.

Les en­treprises ont besoin de notre ar­gent et sont donc à l’é­coute du message que nous leur transmettons par le choix de nos achats.

Le travail

Nous devons nous assumer maté­riel­le­ment par le travail. C’est une déci­sion avant tout person­nelle mais dont les mo­da­lités doivent faire l’ob­jet d’une dis­cussion à deux :

Apprenons à détermi­ner nos priorités : famille / vie pro­fes­sion­nelle ?



C’est dans les détails de la vie de tous les jours que nous pourrons nous révé­ler vrai­ment parte­naires. Se ré­partir les charges dans le foyer, c’est peut-être évident ! mais cela va encore mieux en se le disant !

Les loisirs



La famille, les amis, notre enga­ge­ment

Nous acquérons comme cou­ple un nouveau mode d’être dans la société. Nous deve­nons une famil­le, un foyer. Pour la première fois, sans dou­te, nous sommes les pre­miers responsables de l’atmos­phère d’une mai­son, de l’air qu’on y res­pire et des liens qui s’y tis­sent. Notre foyer, c’est un petit monde dont nous sommes créa­teurs.

Ma famille et ta famille, mes amis et tes amis de­viennent lentement nos fa­milles et nos amis, sans pour autant perdre leur person­nalité pro­pre, sans pour autant briser le « petit quel­que chose de spé­cial » qui m’unit ou unit mon con­joint à certains d’entre eux, comme la fu­sion d’un orches­tre et d’une cho­rale ne dé­truit la musi­que ni de l’un ni de l’autre.

Familles



Amis



Engagement


L’engagement premier, dans le cou­ple, de­meure tou­jours celui envers l’autre conjoint et les en­fants.

Un contrat de mariage ?

Les futurs époux auront, du­rant leur vie com­mu­ne, à gé­rer dif­férents types de biens : ceux « pro­pres » à chacun d’­entre eux avant le ma­ria­ge, ceux qu’ils ac­querront ensem­ble, avec l’argent com­mun du­rant le mariage, ceux qu’ils rece­vront soit ensemble soit séparé­ment par dona­tion, hé­ritage, suc­ces­sion...et enfin ceux qu’ils achèteront en utilisant cha­cun son pa­trimoine propre.

Quelles règles vont dé­termi­ner la ma­nière dont ces biens seront gérés ? Les époux peuvent choisir de soumettre la gestion de ces biens à des règles con­tenues dans un « con­trat de maria­ge » signé devant no­taire avant le maria­ge. A défaut d’a­voir souscrit un tel type de con­trat, les biens des époux sont sou­mis à un « ré­gime légal » qui ré­par­tit le patrimoine en trois caté­gories :

Les patrimoines propres sont tous les meu­bles et immeubles possé­dés avant le mariage; les dettes con­tractées avant le ma­riage, les biens ou det­tes prove­nant de suc­ces­sions, de testa­ments ou de dona­tions pendant le mariage; ce sont encore les det­tes ré­sul­tant d’une condamnation péna­le... Chaque époux gère ses biens propres. Il est bon de savoir que la consulta­tion d’un no­taire est gratuite .

Le patrimoine commun est consti­tué des revenus profes­sionnels, des biens ache­tés ou des dettes con­tractées pen­dant le mariage pour les be­soins du ménage ou l’éduca­tion des enfants; ce sont en­core les revenus des biens pro­pres (­loyer d’un immeuble hérité par l’un des époux) ou les inté­rêts des dettes pro­pres, et enfin les biens ou les dettes dont il n’est pas prouvé qu’ils sont pro­pres à l’un des époux. Chacun des époux peut ac­complir des ac­tes de ges­tion quoti­dienne. L’ac­cord des deux sera néces­saire lorsqu’il s’agit d’ac­tes importants (achat d’un im­meuble par exem­ple).

La conclusion d’un con­trat de ma­riage n’est pas indispensa­ble.

Le contrat de « séparation de biens » est à conseiller lors­qu’un des époux exerce une activité « à ris­ques » (com­merçant) de manière à mettre à l’abri, en cas de failli­te, une partie du patrimoi­ne.

Par contre un ré­gime de commu­nauté est souhaita­ble lors­qu’un des époux, plus fortuné que l’autre, désire qu’a­près sa mort, son con­joint puisse bénéfi­cier de cer­tains biens.

Enfin, si la situation des époux, après quel­ques temps de mariage, laisse appa­raître que le régime relatif aux biens n’est plus adap­té, il est pos­sible d’en changer pour autant que cela ne nuise pas aux intérêts de la famille et des en­fants. La modifica­tion, par no­taire, doit être homolo­guée par le tribu­nal de pre­mière instance de la rési­dence con­ju­gale.

Les risques quotidiens

Les compagnies d’assu­rance pro­po­sent un large éven­tail de cou­ver­ture des ris­ques de la vie quoti­dienne. La plu­part de ces assu­ran­ces ne sont pas indis­pen­sa­bles et tout assu­rer revient fort cher.

Il convient de savoir que cer­tai­nes as­suran­ces sont, soit obli­ga­toi­res, soit indis­pen­sables.

Est OBLIGA­TOIRE l’assu­rance respon­sabi­lité ci­vile « véhicu­les automo­biles » (voiture, ca­mion, moto...) Le défaut d’as­surance entraîne des sanctions pé­nales. Est égale­ment obliga­toire l’af­filia­tion , pour les indépendants, à une caisse d’assurance so­ciale desti­née à cou­vrir les risques de mala­die, d’hos­pi­talisa­tion, ainsi que le paiement des cotisations.

Est INDISPENSABLE l’assu­rance in­cen­die pour l’im­meu­ble occupé. En effet, l’­article 1729 du code civil pré­sume que si un incen­die se déclare, la responsa­bi­lité en incombe au locatai­re, sauf si ce der­nier prouve le con­traire. C’est la preuve d’un fait né­gatif qui est sou­vent plus difficile à apporter que celle d’un fait posi­tif

Atten­tion ! Cette assu­rance ne couvre que les dé­gâts causés à l’immeuble et sert à indem­ni­ser votre propriétaire. Il con­vient donc de cou­vrir vos meu­bles par le biais d’une assu­rance distincte dont le coût est modéré. Enfin il est éga­lement indis­pen­sa­ble d’ê­tre couvert par une assu­rance « responsabilité fami­lia­le » desti­née à cou­vrir les ac­tes privés causant des dom­ma­ges à des tiers. Cette as­su­rance est d’autant plus in­dispensa­ble que vous avez des enfants ou des animaux.

Pour la couverture d’au­tres ris­ques, en­traînant le paie­ment de primes sup­plé­mentai­res, il est bon de s’informer au­près de son inter­médiaire d’assurance.



V. LA CELEBRATION



L'histoire de votre couple pourrait se schématiser ainsi :

La rencontre . L’échange du premier regard, le pressentiment, les premiers dialogues, le temps de l’émoi.

  — Le noviciat. Le temps de l’apprentissage, de l’apprivoi­sement ; le temps de l’approche et de la reconnaissance mutuelle, le temps de la première querelle.., vite dépassée.

  — Le couple. C’est le temps et le moment de la constitution du couple comme couple. On « se veut » dans la durée. C’est le "oui " à l’autre, qui est le < consentement > l’assentiment. C'est aussi pour certains le moment où on décide de vivre ensemble.

  — Le mariage. C’est le moment décisif, de la proclamation sociale du couple. L’homme et la femme, et leur entourage, assument de nouveaux rôles. C’est la fête avec les amis, la parenté. Ce moment, dans toutes cultures, est le moment du mariage. C'est le passage à la mairie, ou à la maison communale. L’enregistrement administratif du mariage témoigne de l’insertion du couple, comme couple, dans une société organisée, complexe, assurant droits et devoirs.
La bénédiction.  Une célébration religieuse. Au cours de cette célébration, le couple vient avec parents et amis, <présenter> à Dieu son bonheur, son engagement et son projet de vie de couple, <bénir> Dieu pour leur amour, et recevoir sa <bénédiction>. 


C'est quoi "se marier" ? 


Sous le terme de mariage, notre société marquée par le catholicisme place deux réalités qui ne peuvent être  confondues : le "mariage" et la "célébration religieuse de ce mariage".  
Soyons attentifs : on parle souvent de mariage civil et de mariage religieux. A partir du XVIIIe siècle le pouvoir civil s’efforcera, non sans peine, de « récupérer » le mariage. De nombreux conflits opposeront l’Eglise et l’Etat autour du mariage. "C’est moi qui fais les mariages" diront l’un et l’autre. 
Le mariage civil apparaît peu à peu Angleterre en 1563 , en Hollande en 1580, en Autriche en 1783, en France en 1791.   - En 1794, le Docteur Chapuis, officier municipal de Liège, est décapité sur ordre du Prince-évêque pour avoir présidé un mariage civil.   - Au Canada il faut attendre 1973 pour voir s’instaurer un mariage possible au civil.    C’est un Décret de Pie X, en 1907, qui instaure la forme actuelle du Mariage-sacrement en exigeant la présence active du prêtre.    
Le mariage est un rite de passage.   Mais quelle est donc la différence entre ces deux cérémonies ?   


Au civil :


Ce qui est légalement indispensable, c'est l'union "civile" à la commune, à la mairie.
Vous y vivez un "rite de passage", de la condition de célibataire à l'état conjugal.  A votre entrée à la maison communale, lors du mariage civil, vous êtes identifiés et connu comme fils de…, fille de …   Mais à la sortie vous êtes appelés  époux de ..., épouse de...,    Il y a eu un "passage" vers un autre état social, un autre statut civil.  C'est l'expression de l'insertion de votre couple dans la société.

  

Et à l'église? 


La démarche religieuse, est laissé au libre choix des croyants.  Elle est l'expression de notre foi chrétienne.  Dieu est évoqué, impliqué dans la relation nouvelle, qui se veut aimante (la fidélité), exclusive (l'unité), durable (l'indissolubilité), ouverte aux autres (les fécondités), y compris aux enfants (la parentalité).  Là aussi, il y a un passage qui se vit, mais un passage d'un autre type, à un autre niveau.
Pour le comprendre et y voit plus clair, je vous propose d'ouvrir la Bible.  Dès la première page, nous découvrons les récits de la création : "Au commencement..." Gn. 1-3  "... et Dieu ( l’Amour) créa l'être humain, à son image et à sa ressemblance.  A son image et à sa ressemblance il le créa homme et femme."  Ce qui dans la création est l'image et la ressemblance de Dieu, sa signature, ce n'est pas un homme seul, ce n'est pas une femme seule, c'est un couple et un couple uni par et dans l'amour, un couple "tout chaud, tout tendre", dans sa relation aimante, dans sa communion.  "...et Dieu vit que cela était très bon."   
 Le jour de la célébration religieuse de votre mariage, vous vous présentez à l'église.  Devant l'assemblée, c'est un couple qui se présente. Vous proclamez votre amour l'un pour l'autre, vous vous engagez comme époux et épouse. Voilà le passage : devenus couple aux regards de la société civile, vous proclamez aussi être devenus véritablement  "Image et Ressemblance de Dieu", image vivante de son Amour, par son Amour. C'est ça l’aspect religieux du mariage :  se proposer mutuellement d'incarner à deux une image de Dieu la plus ressemblante possible, dans une histoire d'amour, dans l'histoire de votre couple. 
C'est entrer dans une alliance à dimension spirituelle et incarnée dans vos corps et vos cœurs. 
Cet amour qui "nous tombe du ciel" nous apparaît ainsi comme une vocation, une mission : construire une relation à caractère d'éternité.  On se marie parce qu'on s'aime, mais aussi pour s'aimer d'avantage... et pour cela, une vie entière semble bien nécessaire.

Le mariage est une institution humaine, établie selon des normes promulguées par la société civile. Ce n'est donc pas l'Église qui marie. Mais elle ré-assume en quelque sorte cet engagement dans une liturgie.  En célébrant l'amour conjugal à l'église, elle annonce et proclame que Dieu est au cœur de cet amour, qu'Il en est la Source, qu'Il le vivifie et en révèle la dimension infinie.



Pourquoi parler de "sacrement" ?  Et que signifie ce mot ?  


J'aimerais bien connaître Dieu, le voir, savoir comment il est.  Mais voilà, on ne peut pas le "voir".  Lui aussi aimerait bien se faire connaître.  Alors il utilise des médias : il se dévoile au travers de personnes, de signes, d'événements. Le mot "sacrement" vient du latin "sacramentum".  Ce mot latin traduit lui-même le mot grec "mystère". Mais le mot latin ne rend pas toute la richesse du mot grec; celui-ci évoque quelque chose d'indéfini, de pressenti mais non atteint, de caché se dévoilant, de découvert mais non saisi, comme un paysage dans un brouillard épais qui se déchire par instants, mais non totalement, en restant encore flou. La vie de mariage peut être vécue comme un indice, comme une trace, comme un tremplin, comme un média au travers duquel Dieu-Amour se dévoile.



C'est quoi le sacrement ... Le sacrement, c'est ... quand ?


Une petite parabole vaut mieux qu'un long développement.
"La femme dont je suis amoureux a coutume de se parfumer et ce parfum évoque pour moi quantité de souvenirs communs, mais surtout un visage, une personne, celle que j'aime.
Or voici que, perdu dans la foule le dimanche au marché du Midi, je suis alerté tout à coup par cette odeur bien connue et bien que je la sache à l'étranger, c'est à mon aimée que je pense immédiatement, c'est elle que j'évoque, ou que j'invoque.
Pareillement, quand je vois un couple qui s'aime, qui exprime sa complicité, son bonheur d'être ensemble, son plaisir de cheminer l'un vers l'autre, je pressens là-dedans quelque chose de divin, cela me fait penser à Dieu que je sais Amour et Communion.
Le sacrement, c'est quand dans la réalité humaine, je « hume » quelque chose de divin."  (J.Cl. Daivier)


Accepter qu’on dise à propos de votre mariage, qu’il est <sacrement de mariage>, c’est que vous reconnaissiez l’origine divine de cet amour et que vous acceptiez d’en être le témoin, le révélateur  dans l’épaisseur de votre vie d’homme et de femme incérés dans le monde ; le mariage-sacrement est décision ferme (soudaine ou longuement mûrie) de tenter "en acte" et dans son agir quotidien d'être trace, indice, dévoilement de l'Amour et de la Fidélité pour et dans le Royaume ;  c’est accepter et vouloir que si Dieu se regardait dans un miroir, ce soit votre image, l'image de votre couple qu'il puisse y voir. 
Si vous le souhaitez, Dieu Amour se filtre dans votre mariage. ... Merveilleux, n'est-ce pas!


Les sacrements et la foi


Les sacrements sont des actes cultuels, des actes de l'homme : des actes "religieux".
La religion est une démarche de l'homme qui cherche à rencontrer Dieu, à l'image de la construction de la tour de Babel.
Les sacrements ne sont que des rites reçus, traditionnels, souvent folkloriques, toujours inefficaces; ils sont du ritualisme.  Il y a tout : la matière, la forme, l'inscription dans des registres, ... on a fait ce qu'il fallait !  Signes du vieil instinct religieux magique.  ...  Et dans cette construction humaine, où est la foi ?   La foi se retrouve aux bagages accompagnés ou à la consigne !

La foi est l'accueil par l'homme d'une démarche de Dieu. Elle est l'accueil de l'Esprit.  Le croyant devient Christ pénétré de l'Esprit.
L'Esprit c'est le "Souffle", le vent; ce vent qui exprime le mouvement et la vie, par opposition à la matière qui est lourde et inerte.  Jésus donne l'Esprit qui nous permet de respirer "l'air du Père".
Dans la foi la célébration religieuse devient "acte de Christ".  Dans la foi le mariage devient la vie de deux personnes qui se mettent à tout partager, animés d'un même souffle, habités par la "mentalité", le souffle de Dieu qui est Amour.
Le couple devient comme une trace, comme un indice renvoyant à l'Amour invisible et au dévoilement du "mystère" de Dieu .


La célébration de votre amour

Vous vous demandez . . .



Faut-il une messe le jour du mariage ?

Vous préparez la célébration de votre mariage. Est-il néces­saire de la couronner par ­­une Euchari­s­tie ?

En tant que chrétiens, ce sera la ma­nière la plus intense de s’unir au Dieu de l’­Alliance, et de « commu­nier » au Christ en faisant couple à deux et commu­nauté avec d’au­tres.

Il est vrai que l’Eucharistie ne fait pas partie intégrante et essentielle du Sacrement de mariage. La messe n’est donc pas indispensable en soi. Votre ma­riage pourra être à la fois beau et très enga­geant par lui-même ! Ajouter l’Eucharistie, ce n’est pas une ques­tion de so­lennité, ni de lon­gueur ou d’im­por­tance de la célé­bra­tion, mais ressort d’une convic­tion de foi chrétienne.

Cela dit, OUI l’Eucharistie a un rapport direct à votre mariage.

Le mariage est le signe de l’alliance entre un homme et une femme. L’Eucharistie est le signe de l’alliance entre Dieu et l’humanité.

Comment choisir ?

Si pour vous l’Eucharistie est un moment de ressourcement, alors, quelle merveille que de pouvoir vivre cette première messe de couple le jour de votre mariage.

Demander l’Eucharistie à votre mariage risque de manquer de sens si la messe ne fait pas partie de votre vie ou si vous n’avez pas l’inten­tion de renouer à la célébration eucharistique dominicale. Se conformer à la tradition familiale, faire plaisir aux grands-parents, ou chercher à amplifier la cérémonie, ne sont pas des raisons suffisantes pour la demander à votre mariage.

De toute manière cela doit se décider dans un climat de grande franchise avec le prêtre ou le diacre qui présidera votre mariage.

Parlez-en en couple et voyez la signification que vous voulez y donner.

Choix de l’église

Normalement le mariage est célé­bré dans l’é­glise paroissiale de l’un ou l’autre des futurs époux. Cer­tains souhaitent célé­brer leur ma­riage en un lieu plus « signi­fiant ».

Pour au­tant que l’on ob­tienne l’ac­cord du curé de sa pa­roisse, la déro­ga­tion à la règle est possi­ble. Evitez toute­fois les choix motivés uniquement par le seul souci de la beauté des lieux.

Choix symbolique : Le choix de cette église peut avoir une importance symbolique. Il signifie un lien entre vous et cette communauté :

soit que vous deux ou l’un de vous deux y a vécu sa jeunesse,

soit que votre couple vient habiter là et que vous demandez à cette communauté de vous accueillir.

Qui choisir comme témoins?

Initialement, le rôle des témoins était d’ordre juridique.

Aujourd’hui le choix des témoins est surtout d’ordre sentimental : ce sont des personnes sur qui vous pourrez compter pour la qualité de leur présence, leur disponibilité au dialogue tout au long de la vie de couple.

Faut-il une collecte ?

Si vous n’avez pas proposé une intention d’entraide sur les faire-part de mariage, vous pouvez en proposer une en accord avec le curé. Que ce soit un geste auquel vous tenez personnellement et qui rejoint une dimension de solidarité !Quoi qu’il en soit, si une collecte doit avoir lieu, il est important d’en préciser l’usage.

Participation financière

Les responsables de la paroisse vous demanderont une participation financière. Cela est bien normal, une célébration occasionne des frais et votre contribution est essentielle à la vie de la paroisse.



Comment se déroule la célébration


LE TEMPS DE L’ACCUEIL

LE TEMPS DE LA PAROLE

LE TEMPS DE L’ENGAGEMENT



LE TEMPS DE LA PRIERE



LE TEMPS DE L’ENVOI

Prière finale de remerciement et bénédiction finale.



VI. COUPLE CHRE­TIEN BATIS­SEUR DU ROYAUME



« Collaborer à la construc­tion des mai­sons, des rues, à l’éla­bora­tion de rè­gles pour orga­niser le « vivre ensem­b­le », à la créa­tion de servi­ces aux per­sonnes; jeter dans le monde de la beau­té, de la musi­que, de la danse.



Nous avons besoin de tout cela comme la plante a besoin de terre, d’eau et de soleil. Plus la vie est éclatée, dis­persée par le tra­vail et les déplace­ments, plus nous avons besoin d’une de­meu­re, d’un cadre de vie hu­main, d’un espace de rencontre, de liberté, de responsa­bilités. »

« Le ciel se fera sur terre avec tes bras » (A. DUVAL)

« Que sera l’avenir ? Nous vou­dri­ons tant qu’il soit heureux.

Nous vou­lons le bon­heur !

L’avenir...

Ce n’est pas d’abord ce qui va ar­river. C’est ce qu’ensemble nous réali­sons.

Le monde, c’est le nôtre ! Nous le fa­çon­nons et il nous façon­ne.

Son his­toire, c’est la nô­tre ! Nous la cons­truisons et elle nous cons­truit. Le monde et l’his­toire sont les lieux de la ren­contre de Dieu, le lieu où se déploie le Roy­aume de Dieu.

Y croyons-nous vraiment ?



Pour nous, c’est l’heure des choix :



Lutter contre le mal dans monde, c’est se changer soi-même et changer le mon­de.



Le maldu Monde c’est le règne de l’or, de l’ar­gent, ce sont d’exor­bi­tants pouvoirs, en­gen­drés par de fabu­leuses richesses; c’est la situation de tout homme exploité, méprisé, tor­turé ou simplement mal-aimé; c’est la misère des uns éclaboussée par l’égoïsme des autres.

Le mal du Monde c’est aussi notre mal dans notre vie de tous les jours, nos petites guer­res froi­des quotidien­nes, nos manques d’amour, de jus­tice d’espé­rance. »

En hébreu, le verbe qui ex­prime l’ac­tion de « mal faire » est le même que ce­lui qui désigne le fait pour un archer de man­quer sa cible : on l'appelle pé­cheur ; c’est donc rater, c’est l’échec. Relisons les phra­ses qui précè­dent en rem­plaçant « mal » par échec. !



Pratique religieuse et vie chrétienne

Quand on dit « Pratiquants », on pense sponta­nément à « aller à la messe », à « fréquen­ter l’église ». Ces chrétiens là, il vaut mieux les appeler des « Célébrants.

Mais être « Pratiquant », c’est vivre les valeurs de l’Evangile, en référence à Jésus. La foi véritable transparaît dans tout l’agir d’une person­ne, et pas seule­ment à l’é­glise pendant une heure le di­man­che !

C’est un passage des Ac­tes des Apô­tres qui dé­crit le mieux ce qu’est la prati­que chrétien­ne. En parlant des premiers croy­ants, l’auteur du livre des Actes dit qu’­ils « se mon­traient assi­dus à l’en­sei­gnement des apôtres, fidè­les à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Actes 2, 42).

Qu’est-ce que la pratique ?

Communément, on entend par ce mot la fréquentation du culte ou de la messe du dimanche. Je ne suis même pas certain que la prière ‘quotidienne’ rentre dans cette appellation. Je préfère parler de célébrer ou de nourrir la mise en pratique. Expliquons. La plupart des gens veillent à écouter leur conscience, à ne pas voler, à avoir un certain sens du partage, etc. Cela, j’appelle «pratiquer» des valeurs humaines, voire des valeurs évangéliques. Pratiquer la foi évangélique, c’est encore autre chose. N’est-ce pas voir des personnes appelées à être debout contre toute logique humaine, parce qu’il y a la certitude de la Résurrection ? J’affirme qu’il y a plus de gens qu’on ne croit qui mettent tout cela en pratique, parfois sans le savoir. Autre chose est de le savoir, donc d’«habiter» cette pratique, c’est-à-dire de veiller à nourrir et à célébrer cette pratique. Donc, je pense qu’il y a (encore) beaucoup de ‘praticiens’, mais peu de pratique nourrie. Ce qui pourrait expliquer pourquoi actuellement il y a assez rapidement fuite dans les individualismes, le cocooning, les gourous, etc. Mais attention dans nos célébrations, est-ce qu’on célèbre une pratique ou est-ce qu’on ne cesse de demander pardon, de ruisseler la non-joie ? De ce manque d’«habitation». et de conviction, découle immédiatement le fait que la dite conviction n’a guère d’influences sur la vie des gens. 

Une foi qui grandit

Dans la foi, comme dans les autres do­maines de la vie, il y a de la place pour l’appren­tissa­ge, pour le chemine­ment. Etre fidèle à l’ensei­gn­ement des apô­tres, c’est se don­ner des moyens pour mûrir dans sa foi.

Une foi qui aime

La foi chrétienne doit influen­cer notre compor­tement avec les au­tres, en famil­le, au tra­vail, en so­ciété. Etre fi­dèle à la communion frater­nel­le, c’est vouloir vivre les at­titu­des de Jésus dans les rela­tions avec les autres.

Par exemple, nous sommes prati­quants lorsque...

Une foi qui s’engage

Au nom de la foi chré­tienne, les chré­tiens et les chrétien­nes sont in­vités à poser des ges­tes. Etre fidèle à la frac­tion du pain, c’est faire mon­tre de soli­darité avec les plus dému­nis. Par exemple, nous som­mes pra­tiquants lors­que...



Une foi qui célèbre

Toutes ces actions amè­nent les cro­yants à se rassem­bler pour célébrer le Seigneur. Etre fidèle aux priè­res, c’est consa­crer du temps, seul et en commu­nauté, à rencontrer Dieu dans la prière et les sa­crements. Par exemple, nous som­mes pra­ti­quants lors­que...



Des dimensions complémen­taires

Ces quatre aspects de la pra­tique doi­vent se re­trou­ver dans toute commu­nauté chré­tienne et, jus­qu’à un certain point, chez chaque croy­ant. Bien sûr, selon les apti­tudes et les goûts des personnes, l’une sera plus engagée au service des plus pauvres, l’autre dans la pré­paration des messes du dimanche. Mais, il faut viser à avoir une vie chré­tienne « équili­brée », où les quatre fa­çons d’être pra­ti­quant se complètent.

Homme et femme de Dieu


Au fond d’une vallée pro­fon­de, un vil­lage est dominé par une barrière ro­cheuse dont le sommet prend la forme d’un mer­veilleux visage d’homme : l’­homme de la monta­gne, dont la lé­gende dit qu’il vien­dra un jour et qu’a­lors le bonheur s’installera dans la val­lée. Jean, l’enfant, a en­tendu la lé­gende et, fas­ciné par le visage, il le con­tem­ple, l’appelle, l’attend. Les an­nées pas­sent et l’Homme de la mon­ta­gne ne vient pas. Alors un jour, Jean se dit : « Lors­qu’il vien­dra, on sera heureux. Pour­quoi ne pas lui préparer le chemin en es­sayant d’être heureux ?» t Jean devient un artisan d’ami­tié, de paix, de joie de vivre. Les maisons sont fle­u­ries, les querelles s’a­paisent, la vie s’épa­nouit. Et voi­ci qu’un jour, un bruit court de bouche à oreille : « Avez-­vous vu comme Jean res­semble à l’Homme de la monta­gne...» Et Jean sans le savoir, était l’homme de la mon­ta­gne.



Vous voilà partis sur la route.





1 Cahier bleu de la Tourette n°7, p.6 - Initiation théologique, F69210 ARBRESLE

2 Robert GUELLUY, "Mais il y a Jésus-Christ". Paris, Duculot, 1989, p.95

3 Cahiers de la Tourette, n17. pp 7-8

4 X. Thévenot, conférence pour le Centre de Prépara­tion au Mariage

5 Jean Boissonnot, La Croix du 23.09.83

Pour un monde nouveau p.19 Vie Féminine

Pour un monde nouveau, pp 16-17. Vie Féminine