Des livres 


Vient de paraître : un livre à lire absolument !

Pour une Église au visage d’Évangile  • Douze urgences

Auteur : Monique Hébrard

En 2012, en pleine déprime ecclésiale, Monique Hébrard entame la rédaction d’un manuscrit qui voulait dénoncer les erreurs de communication et les replis identitaires de « son » Église. Catholique, l’auteur ne s’est pas permis de parler au nom des autres confessions chrétiennes, mais, affirme-t-elle, si nous retournons tous à la Source, l’Unité est là.

Puis, en 2013, est arrivé le pape François et, avec lui, un véritable appel au changement. Pour apporter sa pierre à l’édifice et comme en écho aux paroles du pape, l’auteur a repris son manuscrit, mais cette fois guidé par l’espérance d’une Église renouvelée. 

Dans cet ouvrage, Monique Hébrard propose douze pistes pour un renouvellement en profondeur de l’Église. Parmi celles-ci, le dialogue avec le monde, le rapport à la vérité, la place des femmes, la primauté de la conscience et la nécessité de la miséricorde. 

 

"Faut-il faire Vatican III ?

Cinquante ans après le concile Vatican II, l'Église catholique fait face à l'une des plus graves crises de son histoire.

Crise de crédibilité dans l'espace occidental, crise morale avec les scandales de pédophilie, crise de recrutement de ses élites et de son encadrement (les prêtres), poussée d'un courant ultra-conservateur extrêmement critique, désaffection de sa base, concurrence des sectes Évangéliques en Amérique latine, crise de gouvernement. . .
L'écho des luttes intestines a même franchi les murs de silence du Vatican avec les Vatileaks.

Or, le pape et son administration, tous deux vieillissants, semblent incapables de relever les défis nouveaux du monde et l'Église est comme frappée d'autisme.

Face à cette situation critique, la réunion des évêques du monde entier en concile, est-elle une solution? Quels en sont les difficultés et les risques?

L'auteure propose de changer la donne: Vatican III ne réussira que s'il échappe au huis clos clérical entre évêques et théologiens.

Christine PEDOTTI a cosigné aux Presses de la Renaissance, Les Pieds dans le Bénitier (2010) et vient de publier un ouvrage historique sur le dernier concile La Bataille du Vatican, 1959-1965.


La guérison du monde

 

« L'homme est-il seulement un homo economicus ? Notre monde est malade, mais la crise économique actuelle, qui polarise toutes les attentions, n'est qu'un symptôme de déséquilibres beaucoup plus profonds. La crise que nous traversons est systémique : elle touche tous les secteurs de la vie humaine. Elle est liée à des bouleversements de nos modes de vie sans doute aussi importants que le tournant du néolithique, lorsque l'être humain a cessé d'être nomade pour devenir sédentaire. 
Il existe pourtant des voies de guérison. En m'appuyant sur des expériences concrètes, je montre l'existence d'une autre logique que celle, quantitative et mercantile, qui conduit notre monde à la catastrophe : une logique qualitative qui privilégie le respect de la Terre et des personnes au rendement ; la qualité d'être au « toujours plus ». 

Je plaide aussi pour une redécouverte éclairée des grandes valeurs universelles - la vérité, la justice, le respect, la liberté, l'amour, la beauté - afin d'éviter que l'homme moderne mû par l'ivresse de la démesure, mais aussi par la peur et la convoitise, ne signe sa propre fin ».Après avoir parlé de la sagesse personnelle dans ses précédents ouvrages - Socrate, Jésus, Bouddha (Fayard), Petit traité de vie intérieure (Plon), L'Ame du monde (NiL) - Frédéric Lenoir pose ici les fondements philosophiques d'une sagesse pour notre temps ; une éthique de liberté et de responsabilité qui passe par la conversion de chacun d'entre nous, selon l'expression de Gandhi : Soyez le changement que vous voulez dans le monde !


Faire bouger l'Église catholique


Faut-il se résigner à voir l'Église catholique se replier sur elle-même comme par un étrange effet de glaciation ?  Peut-elle toujours être coupée à ce point des hommes d'aujourd'hui ?
Non, répond le théologien J. Moingt, qui se livre ici à un plaidoyer sans complaisance pour que l'Église trouve un nouvel élan. Un élan qui passe nécessairement par une mutation profonde: promouvoir des vraies communautés d'Évangile en allégeant l'institution, offrir aux femmes une place digne de ce nom, revenir aux grandes intuitions du concile Vatican II.  N'est-ce pas le sens d'un authentique humanisme évangélique ?
Il y a urgence d'aller de l'avant.  Il y a urgence à inscrire une nouvelle espérance, loin des peurs ou des crispations du passé.
Joseph Moingt, jésuite, théologien a récemment publié "Croire quand même". L'ouvrage qu'il signe ici a été réalisé en collaboration avec J. Houssel, G. Lacroix et Guy de Longeaux, sous l'égide de l'association Chrétiens en recherche 41.

LES PIEDS DANS LE BÉNITIER

2 novembre 2010

« Il faut rendre aux baptisés ce qui leur revient… » : Le point de vue de Monique Hébrard !

Quel souffle d’air et d’Esprit dans le livre d’Anne et de Christine ! Elles qui n’étaient pas spécialement « militantes », laissent entendre qu’elles se sentent investies d’une mission venant de cette part du peuple de Dieu qui a reçu leurs premières réactions comme une espérance à saisir. Je le crois.

Anne et Christine aiment l’Église, et savent de quoi elles parlent car bien que portant une jupe, elles sont aussi formées qu’un clerc et elles pensent juste. D’ailleurs ce n’est pas le tout de porter une soutane, encore faut-il ne pas s’empêtrer les pieds dedans au point qu’elle vous empêche d’avancer !

Si je devais caractériser ce qui sous-tend leur vision, je dirais : lucidité critique et fidélité évangélique. D’ailleurs les deux vont de pair et leur lucidité est éclairée par leur fidélité au Christ. Ceci dit, cela décoiffe… comme l’Évangile décoiffe et dérange ! Elles mettent effectivement les pieds dans le plat, dans le bénitier en l’occurrence, pour donner un grand coup de balai dans le système clérical. Mais jamais avec haine (et surtout pas haine de nos frères prêtres et évêques), toujours avec justesse et référence à l’Évangile, à Saint Paul, à Vatican II.

Leur message n’est autre que celui que le Concile a induit : il faut rendre aux baptisés ce qui leur revient de par le baptême : une entière responsabilité par la participation au tria munera y compris celui de gouvernement. Cela ne supprime pas le ministère presbytéral mais met fin à sa capture du gouvernement. C’est finalement la conclusion de la récente passionnante thèse du directeur de l’ISPC (Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique)  à la Catho, François Moog qui entérine le constat que si les baptisés partagent concrètement le sacerdoce, ils sont interdits de sacerdoce royal, de gouvernement. Cela rejoint aussi la prescription de Nicolas de Brémond d’Ars dans son livre sur les fractures du catholicisme.*

Anne et Christine ne se battent pas pour l’ordination des femmes : la priorité est ailleurs : que les baptisés puissent vivre pleinement leur sacerdoce. Et que l’on arrête d’employer le mot sacerdotal pour les prêtres ! Sûr que l’on a du chemin à faire pour que les baptisés soient de nouveau sensibles à cette mission qu’on leur a confisquée et interdite pendant des siècles en leur adjoignant pour seul devoir celui de se taire et d’obéir aux pasteurs !

Dans cette perspective, la CCBF devient un lieu précieux de conscientisation et d’apprentissage.. à la vie de baptisés.

La fraîcheur et la force de l’analyse d’Anne et Christine nous fera penser que s’il y a du positif dans cette mise à l’écart séculaire des laïcs et des femmes, c’est que – quand ils sont à la fois « formés » et habitués à la fréquentation de l’Écriture – leur donne un regard puissamment neuf.

Qu’il me soit permis d’ajouter une note personnelle. J’ai été dans les années 70-80 une féministe combative, notamment sur deux points : l’arrêt de l’insupportable division des tâches (aux clercs l’ad intra et aux laïcs l’ad extra) qui ne tient plus la route dans le monde d’aujourd’hui, et la reconnaissance de la vision et de la parole des femmes. J’ai été à l’origine d’un groupe de travail sur la question durant de nombreuses années avec mon évêque Mgr Favreau et son vicaire général Francis Deniau qui a abouti à des États généraux diocésains. J’ai fait partie pendant de nombreuses années d’un groupe de travail au niveau de l’épiscopat dont les années phares ont été celles avec Gaston Pietri, secrétaire général de l’Épiscopat (nous nous appelions familièrement les « Pietri’s girls ») qui s’est dissoute après une suite d’affronts insupportables et d’un travail pour la conférence de Pékin. Journaliste chargée de l’information religieuse j’ai beaucoup travaillé, écrit…. Combien de fois ai-je dû entendre de la part d’évêques ce reproche : « vous cherchez quoi ? Le pouvoir ? » Cela me donnait envie de pleurer : ils me jugeaient selon leurs critères ! Je me souviens être revenue d’un voyage professionnel de 10 jours au Vatican avec quelques confrères où nous avions fait le tour de tous les dicastères et j’étais revenue avec cette certitude : quelque chose rongeait ces lieux : la soif de pouvoir ! Le « pouvoir » moi je m’en fichais ! Je demandais l’intégralité de ma responsabilité et de ma dignité.

Et puis de guerre lasse je m’étais rangée des voitures de la militance. La marche du 11 octobre m’a réveillée en me donnant des frères et sœurs qui n’étaient plus, comme dans les années dures des militants qui voulaient tout casser mais des hommes et des femmes pétris de Vatican II et de la conscience de leur mission de baptisés, et souffrant réellement que la structure et le fonctionnement de l’Église bloquent souvent la Bonne Nouvelle.

Merci, Anne et Christine de vous être docilement laissées porter par la vague d’espérance que vous avez soulevée. Maintenant vous n’êtes plus seules.. et tout le travail reste à faire. Votre livre est susceptible de faire avancer les choses.

Monique Hébrard

Les Pieds dans le Bénitier : Auteures : Anne SOUPA, Christine PEDOTTI.


Pour libérer l'Évangile

Par Paul Tihon
Paru en : Octobre 2009 - 17,00 € -

Pour des catholiques contemporains qui ont découvert ce qu'est vraiment l'Évangile, l'image publique de leur Église est à cent lieues de ce qu'ils vivent. En même temps, le christianisme, religion de l'Occident qui a en partie colonisé la planète, se trouve aujourd'hui en concurrence avec les autres grandes religions universalistes, et quasiment stoppé dans son expansion, y compris dans sa branche la plus nombreuse, le catholicisme romain.

D'où la question : l'Évangile n'est-il pas prisonnier de son passé de chrétienté ? Est-il pensable de le débarrasser des formes stéréotypées prises par son langage officiel et par les institutions dont il s'est doté au cours des siècles ? Ou au moins de faire voir que, même dans des cadres strictement contrôlés, de larges marges de liberté existent pour la recherche, la créativité, l'invention de nouvelles formes d'expression et de pratiques ? Peut-on parler de Jésus de Nazareth d'une manière autre que les conciles des IVe et Ve siècles ? Peut-on multiplier les pratiques démocratiques dans l'Église ? Peut-on cesser d'être culturellement décalé ?

L'enjeu, c'est la possibilité pour la « joyeuse nouvelle » qu'est l'Évangile de rejoindre vraiment « toutes les nations » auxquelles il est en principe destiné. À la limite, est-il pensable aujourd'hui d'être non seulement un juif chrétien (ce qui n'a rien de neuf), mais également un hindou chrétien, un bouddhiste chrétien, un musulman chrétien, voire même un agnostique chrétien ? Et ce message est-il, aujourd'hui encore, capable de transformer la vie des individus, et aussi d'influencer la marche des sociétés ? Peut-on libérer l'Évangile ?

Paul Tihon, jésuite, né à Schaerbeek (Bruxelles) en 1930, docteur en théologie de l’université Grégorienne de Rome, est professeur émérite.

 

Le Christ philosophe

Le Christ philosophe

Fin 2007, Frédéric Lenoir publie un ouvrage très didactique et passionné, Le Christ philosophe (chez Plon). Directeur du Monde des religions, cet historien tente de déchiffrer le poncif communément admis selon lequel les valeurs de la République se sont construites contre la religion chrétienne.

Il me semble qu’il défend une double thèse : d’une part, il montre que la réalité de l’histoire du christianisme fut, en certains points essentiels, une inversion radicale des valeurs évangéliques ; et d’autre part, il montre que le message du « Christ » s’est échappé de l’Eglise pour revenir dans le monde moderne sous une forme laïcisée.

Frédéric Lenoir a souhaité écrire ce livre car il pense que la chrétienté s’est développée contre le christianisme et que ce dernier est devenu illisible pour ceux qui ne connaissent pas ses textes fondateurs.

Trois thèmes ressortent de ces 300 pages, découpées en 7 chapitres : la philosophie du Christ, l’origine de l’humanisme moderne et la question très actuelle des racines chrétiennes de l‘Europe.

La philosophie du Christ

Avec citations bibliques à l’appui, l’auteur démontre à quel point le message christique est révolutionnaire et subversif. Jésus bouleverse les règles morales en vigueur jusqu’à lui et fonde une nouvelle éthique : égalité, liberté de l’individu, émancipation de la femme, justice sociale, séparation des pouvoirs spirituel et temporel, amour du prochain, non-violence et pardon.

Prenons l’exemple de l’égalité et remettons-nous dans le contexte de l’époque : pour les Juifs, il n’y a pas d’égalité entre Juifs et non-Juifs ou pour les Grecs, pas d’égalité entre Grecs et non-Grecs (les barbares), mais aussi entre hommes et femmes, entre citoyens et esclaves. Jésus rompt avec l’idée qu’on reconnaît son prochain uniquement parmi les siens, dans son propre peuple. Pour Jésus, parce que tous les hommes sont fils d’un même père, ils sont tous frères, donc tous égaux : l’idée éthique d’humanité apparaît. Paul résume cette révolution : « Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme, car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Galates, 3, 28).

D’après Frédéric Lenoir, l’élément capital dans la révolution christique est « la conception de l’être humain en tant que sujet autonome auquel Jésus accorde une valeur inédite, rétablissant chaque individu dans sa pleine dignité et sa pleine liberté, indépendamment de toutes considérations extérieures (âge, sexe, statut social...) ». En effet, Jésus rompt avec la conception holiste de l’époque (où l’individu est considéré comme la partie d’un Tout qui l’englobe) et porte son attention sur la singularité et l’intériorité de l’individu.

L’origine de l’humanisme moderne

A travers un long parcours historique, l’auteur du livre s’efforce de montrer de quelle manière les humanistes modernes des XVIe XVIIe et XVIIIe siècle ont repris le message du Christ pour fonder la morale laïque moderne, et ce message évangélique aurait finalement conduit aux droits de l’homme : « Le Christ a enseigné la liberté, l’égalité, la fraternité, la séparation des pouvoirs ? Fort bien, disent les modernes. Reprenons tous ces excellents principes dans une perspective humaniste, sans référence à Dieu, en les adossant à la raison et non à la foi. »

Le projet humaniste consiste à mettre l’homme au centre de tout en affirmant sa dignité, sa liberté et ses capacités de connaissance. L’humanisme naît en Italie à la fin du XIVe siècle avec Pétrarque. Fervent chrétien, Pétrarque montre que le christianisme vaut surtout parce qu’il parle de la profondeur de l’être humain, de son intériorité. Giovanni Pic de la Mirandole (XVe siècle) montre que la liberté humaine est un cadeau de Dieu. Pour Érasme (XVIe siècle), l’idée d’auto-perfectionnement de l’homme par sa raison ne s’oppose pas à la version évangélique de la religion chrétienne. En somme, l’humanisme chrétien affirme l’autonomie de l’individu, c’est-à-dire la revendication d’une libération à l’égard des autorités religieuses qui portent atteinte à cette liberté fondamentale.

La réforme protestante est la première grande contestation des temps modernes qui va faire vaciller l’église et la confronter à ses contradictions. Chaque individu doit pouvoir être son propre interprète, grâce à sa raison.

Le mouvement des Lumières, au XVIIIe siècle, s’est construit contre l’institution catholique, mais il s’est inspiré de l’éthique évangélique. Les philosophes du XVIIIe siècle sont déistes : ils croient en un Dieu lointain, étranger aux discours ecclésiastiques et aux pratiques catholiques. Voltaire croit en une religion naturelle qui se limite à la croyance en l’être suprême et en une éthique universelle inspirée des principes de l’enseignement du Christ.. Celui-ci déclare : « Si l’on veut bien y faire attention, la religion catholique, apostolique et romaine est, dans toutes ses cérémonies et dans tous ses dogmes, l’opposé de la religion de Jésus. »

Kant substitue les impératifs catégoriques dictés par la raison aux lois divines édictées par la Bible : « Agis selon une maxime telle que tu puisses vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle », par exemple.

Frédéric Lenoir insiste en affirmant que ce qui est vraiment nouveau chez les modernes, « c’est d’introduire les grands principes religieux refondés en raison dans les lois d’États, de les traduire concrètement dans le réel ».

Ainsi, les philosophes modernes n’ont rien renié de l’enseignement le plus universel du Christ, mais ils l’ont durablement installé en opérant un transfert de légitimité : ce n’est plus Dieu qui fonde l’éthique, mais la raison humaine. « Seul ce transfert pouvait permettre d’échapper à l’arbitraire de l’interprétation théologique », ajoute l’auteur. En outre, on peut remarquer la ressemblance entre la théologie chrétienne et les religions séculières à propos des trois vertus théologales d’amour, de foi et d’espérance. Aujourd’hui, l’amour et la fraternité restent l’idéal recherché, la foi en Dieu est remplacée en la foi en la raison humaine et l’espérance d’un paradis céleste est remplacée par l’espérance d’un paradis terrestre.

Enfin, d’après le philosophe des religions, si la démocratie et les droits de l’homme n’ont pas eu lieu en Chine, en Inde ou dans l’Empire ottoman, c’est parce que l’Occident était chrétien. En ce sens, il nous apprend les origines religieuses des deux mots d’ordre de nos sociétés : la raison et le progrès.

La question des racines chrétiennes de l’Europe

L’auteur est très clair à ce propos : « A strictement parler, les racines de l’Europe ne sont pas chrétiennes. Elles sont grecques, juives, romaines, égyptiennes, mésopotamiennes, perses... Le christianisme est devenu la matrice de l’Europe parce qu’il a lui-même absorbé l’héritage du monde antique. Pour ne pas nier les sources antiques, il serait donc plus approprié de parler de rôle déterminant du christianisme dans la construction de l’identité européenne ».

Ainsi, pour Frédéric Lenoir, c’est un fait et une évidence, quelles que soient nos convictions religieuses, nous sommes tous des héritiers de l’Europe chrétienne. Notre culture est imprégnée du christianisme (notre calendrier est calqué sur la naissance de Jésus-Christ, les fêtes occidentales les plus importantes sont celles du Christ, beaucoup de nos expressions viennent de la bible, l’art occidental est un art chrétien, etc.). Si certain ont tant de mal à admettre cette réalité historique, c’est à cause de l’allergie à l’Eglise catholique et un déplacement de frontière : christianisme = institution qui opprime l’individu. En effet, il faudra attendre 1966, suite au concile Vatican 2, pour que l’Église catholique admette par exemple la liberté religieuse. L’Eglise se remet difficilement en cause. Elle n’a, par exemple, jamais condamnée l’Inquisition comme pratique institutionnelle. Jean-Paul II a été le premier à condamner les membres de l’Eglise qui ont fait ça, mais pas l’Eglise en elle-même.

En somme, on peut retenir que le christianisme n’est pas d’abord une religion, avec des dogmes, des rites et un clergé ; « c’est avant tout une spiritualité personnelle et une éthique transcendante à porté universelle », conclut Frédéric Lenoir.


Jésus avant le Christianisme, 

un livre de A. Nolhan.

"Des milliards d’hommes, à travers les âges, ont vénéré le nom de Jésus. Qui nous dira ceux qui, parmi eux, l’ont réellement compris, ceux qui ont mis en pratique ce qu’il voulait voir se réaliser?
Ses paroles ont été si souvent déformées, déviées de leur sens qu’on a l’impression qu’on peut désormais tout leur faire dire, ou qu’elles n’ont plus rien à dire.
Son nom, tant d’hommes en ont usé, abusé, pour justifier leurs crimes, assurer leur autorité, soutenir leur héroïsme, ou leur folie, qu’on se demande si, ironie suprême, on n’a pas précisément, au nom même de Jésus, ressuscité, prêché, répandu les idées contre lesquelles il s’était, de son temps, le plus violemment opposé."

Auteurs: Nolan, Albert
Titre: Jésus avant le christianisme: l’Evangile de la libération - Albert Nolan - trad. Jean-Marie Dumortier
Date de publication 02/02/1995 ISBN: 2-204-05167-5
Prix: Poche 9.00 EUR
Lieu de Publication : Paris / Editeur: Cerf / Ed. de l’Atelier / Collection : Foi vivante  / Nr. dans la collection : 353
Résumé: A partir d’une base théologique solide, A. Nolan, dominicain en Afrique du Sud, présente une approche de Jésus qui cherche à mettre en lumière comment celui-ci était perçu par ses contemporains juifs, avant le christianisme.. Public motivé

Il n'est plus possible de trouver ce livre, aussi nous l'avons mis sur notre site - Cliquez ici : "Nolhan"